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Deux jeunes mariés viennent d'arriver. Un couple tout à fait ordinaire. Ils ont quitté la ville pour une vie tranquille. WandaVision! C'est une fille magique dans une ville rustique et un mari en partie machine. Comment ce duo va gagner le gros lot ? En partageant un amour comme on n'en a jamais vu. WandaVision!


Jac Schaeffer signe avec WandaVision la première mini-série à s'introduire dans la saga cinématographique du Marvel Cinematic Universe. WandaVision est la série que je voulais le plus regarder. Dans un premier temps, pour ces trailers en noir et blanc qui semblaient vendre un projet ambitieux, et aussi pour mieux saisir le lien intime qui unit Wanda à Vision. Lien que je ne pouvais pas vraiment apprécier dans les films puisque la relation entre les deux tourtereaux eut droit à peu de temps d'écran (toujours plus que celle entre Black Widow et Hulk qui est catastrophique à tous les niveaux). Si bien, que lors de la mort de Vision par la main de Wanda dans Infinity War l'impact émotionnel de cette séquence hautement dramatique n'a pas pleinement fonctionné sur moi. J'ai été touché par la performance d'Elizabeth Olsen mais pas par l'impact de cette perte que fut la mort de Vision. Cette aventure est donc l'occasion de découvrir cette histoire d'amour complexe qui unit une sorcière instable à une machine inexpérimentée, donnant également l'occasion de mettre au premier plan ces deux personnages qui depuis le départ n'ont eu que des rôles secondaires à remplir.

WandaVision n'est clairement pas un programme de super-héros typique, il faut le voir comme un concept original étendu sur 9 épisodes à construction lente quasiment dépourvue d'action qui profite d'une excellente écriture rendant avec un amour indiscutable un hommage à l'ensemble des sitcoms qui ont traversé les années de la télévision. Un témoignage salutaire commençant avec les programmes des années 50 pour évoluer au fur et à mesure des épisodes comme cela le fut pour la télé au fur et à mesure des années avec le technicolor, les fameux génériques en dessin animé... jusqu'à se retrouver dans les programmes téléréalité des années 90. Une idée merveilleuse offrant des possibilités de mise en scène infinie dont nous régale tout du long Jac Schaeffer. Les différents génériques de série évoluant à mesure que les années passent sont un véritable délice dans lesquels l'on peut voir de nombreux hommages à d'autres séries comme Ma Sorcière bien-aimée, Malcolm... Un travail technique formidable chargé de références, d'égard et de dédicace à de nombreuses sitcoms connues ainsi qu'à des programmes Marvel. La narration est un véritable délice avec des dialogues subtils et nuancés ayant à chaque fois plusieurs sens de lecture laissant à chaque fois transparaitre des indices subtilement éparpiller pour nous offrir de quoi nous questionner.

L'attrait qui caractérise l'ensemble du trauma et du malaise de cette vie idyllique totalement fantasmé en sitcom familial vient des rires de fond constant qui dissimule quelque chose de préoccupant qui s'accentue à mesure que le récit avance jusqu'à devenir réellement inquiétant. Des rires forcés qui essaient à chaque fois de balayer les inquiétudes de Wanda et de Vision qui ne se souviennent plus de rien. Finalement l'espace de quelques secondes, Wanda finit par briser le mur du spectacle pour inciter Vision à sauver un homme entrain de s'étouffer, venant perturber le dérouler de l'épisode laissant pour la première fois clairement apparaître un climat austère, dérangeant et interrogateur qui s'intensifiera à chaque épisode comme avec le petit hélicoptère en couleur dans un monde de noir et blanc, ou encore la venue d'un homme sortant des égouts qui sera à l'origine d'un rembobinage de l'image. Des troubles à la tranquillité domestique idyllique que forme le duo dans un monde idéal clairement en proie à quelque chose de plus sinistre comme si tout n'était qu'une façade dans laquelle rien ne semblerait réel. Ce qui est génial, c'est que la série ne dévoile ses cartes qu'à petite goutte par toujours plus d'interrogation ce qui pousse à toujours vouloir en savoir plus.

Elizabeth Olsen pour Wanda Maximoff alias la Sorcière Rouge est parfaite! La comédienne est touchante, drôle, inspirée, on y croit clairement. Cette série réussit parfaitement à exploiter pleinement son potentiel. On découvre une série de flashbacks sur sa vie d'enfance qui va permettre d'enfin mieux la saisir. On explore le désespoir de Wanda et le trauma de la perte de Vision d'une bien belle manière avec un noyau émotionnel élevé. Paul Bettany pour Vision est génial. Le personnage monolithique de Vision ne permettait pas au comédien de livrer une réelle performance d'acteur, mais avec cette série celui-ci se rattrape magnifiquement par des phases totalement jubilatoires comme lors du fameux tour de magie dans lequel Vision vient à perdre le contrôle de lui-même. Tout du long de l'intrigue, Vision essaie de comprendre ce qui se passe dans ce monde étrange. La relation entre les deux comédiens est rafraîchissante, apportant de belles couches de romances, de chagrins, de disputes, de rires, en gros la vie de couple dans toute sa splendeur. On profitera des performances des deux jeunes comédiens Julien Hilliard et Jett Klyne qui apportent du dynamisme à l'intrigue en incarnant deux personnages pour le moins très étonnants. Kat Dennings pour Darcy Lewis fait son retour et je me moque toujours autant de ce personnage qui m'agace. Teyonah Parris en tant que Monica Rambeau vient faire lien appréciable avec Captain Marvel contre-balancé par une acquisition de pouvoirs qui m'a blasé. Parc Randall pour Jimmy Woo est amusant en tant que suiveur anodin mais utile de l'équipe.


Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel! (Spoiler à fond à partir de là!)



Si j'ai trouvé les 5 premiers épisodes tout à fait remarquables avec une approche des plus uniques et fantastiques tenants presque du chef-d'oeuvre, la tension vient à s'inverser à partir de l'épisode 6 qui en soit reste de qualité mais commence à totalement partir en cacahuète avec l'arrivée du comédien Évan Peters en tant que Quicksilver de la licence X-Men. Mais qu'est-ce que c'est ce bordel! Cela n'a aucune espèce de logique de le faire intervenir dans cet univers. Ok l'antagoniste principal nous explique qu'elle la fait intervenir pour déstabiliser Wanda devant cette doublure de son frère, mais je vois pas le rapport. Wanda voit bien que cette doublure n'est pas son frère mort qui en plus ne lui ressemble pas du tout. Et surtout, d'où vient les pouvoirs de rapidité de ce gars ? En bref, une idée ridicule qui vient un peu entacher les épisodes 6 à 8.

La douche froide intervient avec l'épisode 9 (le dernier) qui jette à la poubelle pratiquement tout. Commençons par l'antagoniste principal Agnès (Catherine Hahn) : qu'est-ce que c'est que ce bordel! Agnès est une méchante sorcière ultra-clichée tout droit sortie du film Hocus Pocus. Elle frôle le degré zéro tant elle est ridicule. Une véritable caricature au goût de mauvaise plaisanterie avec une allure et une attitude digne d'un conte Disney pour enfants de 5 ans. Agnès est clairement le pire antagoniste de l'univers MCU, même Malékith de Thor : Le Monde des ténèbres fait mieux. Son duel contre Wanda est ridiculement comique, on se croirait dans un épisode de Sabrina Spellman tout droit sortir de l'écurie Disney Channel. La conclusion de Vision laisse également clairement à désirer. Il affronte sa doublure dans un duel des plus fades qui finalement n'aura pour seul intérêt que de le faire ressusciter réduisant considérablement l'impact de sa seconde mort avec la levée du champ de forces magiques de Wanda. Finalement seul la mort des jumeaux fonctionne à peu près. Un final clairement pas à la hauteur. Terminer une série d'une telle qualité sur un point si mauvais est vraiment rageant.

CONCLUSION :

WandaVision de Jac Schaeffer est une série remarquablement innovante qui n'hésite pas à sortir l'univers MCU de sa zone de confort habituel en prenant des risques artistiques qu'il faut absolument saluer. Cette série ne plaira clairement pas aux fans du format standard de la licence puisqu'elle délaisse l'action et l'humour infantil au profit d'un hommage remarquable autour des sitcoms qui ont traversé l'histoire de la télévision. Malheureusement, chasser le naturel il revient vite au galop, l'aboutissement final est ultra basique, caricatural et terriblement cliché, faisant tomber à plat l'essentiel des éléments positifs. Quel dommage. On retiendra les performances d'Elizabeth Olsen et de Paul Bettany qui offrent un couple glamour et rafraichissant.

La forme au détriment du fond, le fond au détriment de la forme.



  • J'ai lu que ça porte malheur de se dire au revoir dans le noir.

  • Tu n'as pas lu ça.

  • Peut-être pas. Peut-être... que je voulais te voir clairement.

  • Et ?

  • Et te voilà. Je sais qu'on ne peut pas rester comme ça. Mais avant d'y aller... je dois savoir. Que suis-je ?

  • Toi, Vision... tu es la partie de la Pierre de l'Esprit qui vit en moi. Un corps de connexions, de chair et d'os, que j'ai créé. Tu s ma tristesse... et mon espoir. Mais avant tout, mon amour.

  • Jai été une voix désincarnée. Un corps non humain. Et maintenant... un souvenir... devenu réel. Qui sait ce que je vais devenir ? Nous nous sommes déjà dit adieu, alors, il est évident...

  • Qu'on se reverra.

  • Adieu, mon coeur.


B_Jérémy
7
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