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le 27 juin 2026
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Widow’s bay peut paraître décousue dans son intrigue, et c’est sans doute là son principal défaut. A force de vouloir multiplier les références, on a parfois l’impression d’une narration qui se...
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Widow’s bay peut paraître décousue dans son intrigue, et c’est sans doute là son principal défaut. A force de vouloir multiplier les références, on a parfois l’impression d’une narration qui se délite : l’île maudite, l’auberge hanté, la harpie, l’immortel, le sacrifice salvateur…, le scénario fait feu de tout bois, trop sans doute, et cela nuit à l’unité de l’ensemble.
Mais, il faut quand même avouer que regarder cette série est un petit régal.
Widow’s bay est une petite île dont le maire, Tom Loftis, attend avec impatience un journaliste du New York times, histoire de faire un article élogieux qui attirera les touristes dans ce coin reculé et ignoré.
Mais l’apparition d’une brume et le son d’une cloche vont déclencher toute une série d’aventures et le maire, bien contre son gré, devra plonger dans le passé de l’île pour comprendre le danger qui pèse sur cette petite communauté.
Bien contre son gré car, ce maire, tout ce qu’il voudrait, c’est lancer la saison touristique sans le moindre accroc. En cela, il fait penser, au début de la série tout du moins, au maire des Dents de la mer, prêt à minimiser, voire étouffer les dangers pour ne pas rebuter les touristes.
A ses côtés, on trouve une éternelle perdante, que tout le monde croit folle car elle prétend avoir été attaquée par un Croquemitaine, et un vieux briscard de marin qui croit dur comme fer à la malédiction ancestrale de l’île.
La grande qualité de la série, c’est qu’elle parvient à un équilibre entre humour, angoisse et attachement à des personnages d’anti-héros. Un humour qui provient des personnages (voir l’inénarrable Ruth et son incapacité à se relire pour transmettre des messages au maire), mais aussi de situations décalées. Mais surtout, l’humour ici ne cherche pas à se moquer des personnages principaux, et jamais il ne prend le pas sur l’angoisse qui monte progressivement. En cela, la série est remarquablement équilibrée.
L’autre grande force de Widow’s bay, c’est sa réalisation, très sobre et qui évite les gros effets. Au début, on est même dans du fantastique pur : on se demande si ce qui arrive existe réellement, si l’explication est naturelle ou si on est dans du surnaturel. Finalement, nous suivons le point de vue du maire ; sceptique au début, ne voyant là que des événements épars sans conséquence sur l’île, on va petit à petit être convaincu par l’accumulation de faits étranges et inquiétants, voire horribles.
C’est là que la série va sortir son répertoire de références ciné. Et on en trouve beaucoup, de Fog à Wicker man, de It à Halloween. Ça fait un peu « collage décousu », d’autant plus que tout ne s’intègre pas super bien à l’ensemble. La série se perd un peu à vouloir faire somme. Mais je chipote sans doute.
Le club des ratés qui mène l’enquête est passionnant. Ce sont des gens que personne n’écoute, que personne ne prend au sérieux, des gens à l’écart de la société de l’île. Le spectateur est amené subtilement à douter de tout : tel personnage existe-t-il réellement ? Tel événement a-t-il vraiment eu lieu ?
Finalement on ne sait pas exactement ce qui se prépare sur cette île, ni même comment. On voit des événements qui changent selon les points de vue, des choses que l’on croyait réelles et qui s’avèrent de l’illusion, etc. On est incapable de résumer l’action, ni même de voir venir le prochain mouvement.
C’est dans ce doute permanent que s’insinue l’angoisse. Rien n’est pire pour un spectateur que de ne pas savoir si ce qu’il voit existe effectivement ou pas. Et, honnêtement, nous sommes alors dans nos petits souliers (bien plus efficacement que dans les scènes d’horreur, plus conventionnelles).
Au final, une jolie série, rafraichissante, bien écrite et interprétée.
(7,5)
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Créée
le 27 juin 2026
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le 27 juin 2026
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