La série Willow coche toutes les cases du mauvais jeu de rôle, singeant les classiques de la heroicfantasy mais sans saveur, sans idée. Nous voilà lancé avec une troupe, sorte de communauté de l'anneau du pauvre, partie chercher l'héritier du trône qui a été enlevé par une vilaine sorcière, réincarnation sexy de la terrible Bavmorda des films.

On y retrouve tous les clichés du genre : l'héroïne sans peur, la guerrière intrépide, le bourrin bourru et drôle, l'intello couard, la magicienne élue qui ignore ses pouvoirs et Willow, cantonné à la figuration. Il le dit lui-même, il n'est pas un bon sorcier et il se demande ce qu'il fait là. Seule idée, celle de retrouver la petite fille qu'il avait autrefois sauvé et qu'il va cette fois former. Sauf que la petite fille en question, Elora, normalement l'élue, est une cuisinière perdue dans des amourettes fleurs bleus et qui a vécu vingt ans sans connaitre son identité. C'est d'ailleurs la seule vraie révélation de la série, et qui intervient à la fin de l'épisode I mais c'est expédié.

D'ailleurs cet épisode, plutôt efficace, pouvait intriguer mais la suite de la série n'a fait qu'étaler, pour reprendre cette phrase d'un autre célèbre personnage d'heroic fantasy, Bilbo Sacquet : qu'étaler du beurre sur une tartine trop grande. La quête des héros s'enlise dans des sous-intrigue, tout en étant extrêmement linéaire, croisant un méchant, puis un autre, puis un allié, puis un autre. Au-delà du premier épisode, plus de contextualisation, plus de politique, rien. Certes la série ne manque pas de décors plutôt jolis, notamment dans l'avant dernier épisode, et de quelques idées mais ce n'est jamais approfondi ou exploité. Exit la politique, exit le réalisme. On est sans cesse dans un humour qui désamorce tout les effets, avec des musiques modernes de mauvais goûts en fin d'épisode qui placent la série dans le teenage movie. Je ne parle pas non plus des multiples love interest. Introduire des personnages homosexuels ne rend pas l'histoire d'amour plus forte. Dommage pour Disney.

Rares sont les moments où l'on retrouve l'ambiance originelle de Willow, parfois avec la musique ou l'action ou lorsqu'on marche dans l'intrigue du film, comme dans le château de Bavmorda, si bien qu'on ne sait pas où l'on va et à quoi sert cette séquence, si ce n'est à faire du fan service. On regarde chaque épisode sans rien attendre d'autre que du divertissement. Plus encore, on nous promet le retour de Madmartigan, personnage de Val Kilmer, mais ce dernier malade, ne revient qu'en voix off. Voilà une quête et une récompense bien maigres. Seuls Sorsha et Willow sont de retour, mais plus vieux et secondaires, laissant la place à des jeunes sans aspérités, lisses à en mourir.

Bref, une série qui est un condensé d'actions vues et revues, plutôt sympathiques à regarder, mais qui n'apporte rien à l'univers qu'il entend développer. Elle coche toutes les cases des clichés du genre, s'en amusant même et quand elle s'emballe un peu, elle retombe dans les travers de l'humour lourd et de la morale pâteuse. Un récit héroïque, sans aucune fantaisie. Bien dommage pour un film du genre.

Tom_Ab
5
Écrit par

Créée

le 20 janv. 2023

Critique lue 72 fois

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