Young Sherlock
6.3
Young Sherlock

Série Prime Video (2026)

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Il y a deux façons de rater un jeune Sherlock Holmes : en faire un génie trop propre sur lui, ou un rebelle sans mystère. Guy Ritchie, lui, préfère la troisième voie, celle du chaos énergique et stylisé. Huit épisodes pour voir éclore le détective sous les traits d’un Hero Fiennes Tiffin plus proche du serveur maladroit que du maître du déduit, mais qu’importe : l’intrigue, elle, a de la mâchoire. Entre un manuscrit du Ve siècle, une princesse au regard coupant et des complots qui sentent le soufre et la poudre, Young Sherlock tisse une toile où l’espionnage international se mêle à des secrets de famille bien enfouis. Ce n’est pas tant l’énigme qui captive que le tourbillon dans lequel elle nous plonge, porté par une galerie de seconds couteaux savoureux, Colin Firth en vieux briscard moustachu, et surtout Dónal Finn, Moriarty si charismatique qu’il menace de faire exploser le héros hors du cadre.

Là où le pari aurait pu sombrer dans l’autopastiche lourdaud (les bagarres au ralenti, les cockneys braillards et les diddleys irlandais en fond sonore, on connaît la recette), Guy Ritchie infuse une légèreté inattendue. L’œil n’est plus seulement rivé sur les poings qui voltigent, mais sur ce que ces affrontements révèlent : une jeunesse qui cherche sa place dans un monde d’adultes usés, des douleurs muettes sous les costumes taillés sur mesure. Et puis il y a cette folie douce, cette conscience que tout cela est un jeu – mais un jeu sérieux, où chaque regard en coin, chaque moustache en bataille raconte une histoire. Le résultat tient moins du blockbuster appliqué que de la cavalcade désinvolte, portée par un amour manifeste pour les personnages et leurs contradictions.

Alors oui, on pourra toujours ergoter sur la énième revisite du mythe. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel : Young Sherlock ne cherche pas à révolutionner le genre, il l’embrasse avec une gourmandise contagieuse. C’est une série qui assume son désordre, qui préfère l’ivresse du mouvement à la rigidité de la déduction, et qui trouve dans cette liberté une fraîcheur paradoxale. On en sort lessivé, un sourire aux lèvres et une furieuse envie de voir ce que ce gamin deviendra quand il aura vraiment appris à regarder le monde.

La-derniere-seance
10

Créée

le 10 mars 2026

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5

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