Cet animé n'est pas un tire-larmes, donc si vous remplissez une pinte de larmes à chaque concerto que vous entendez, ne le lui reprochez pas. Malgré son allure de mélodrame, son véritable sujet n'est pas l'amour, ni les espérances de la jeunesse, mais l'art du piano.
Les moments où le personnage principal joue du piano sont les moments les plus intenses. Comme c'est un shonen, on s'attendrait à des commentaires d'autres protagonistes du genre: "Sa vitesse d'exécution sur ce morceau dépasse les 300%", mais que nenni ! Il prend suffisamment le sujet au sérieux pour ne pas sombrer dans cette facilité. Et c'est émouvant de voir un gamin redécouvrir ses émotions et leurs nuances sur un clavier de 88 touches, après que la mort de sa mère l'ait rendu sourd à ses sonorités. Plus encore, ces scènes enseignent ce que c'est véritablement l'art quand on n'en fait pas un simple exercice de style et qu'on s'y engage vraiment: c'est continuer à jouer du piano même et surtout quand on n'est plus capable d'entendre le son.
Les moments d'échange entre les deux amoureux sont d'autant plus touchants qu'ils sont réalistes. Aucun surjeu, aucune exagération. Même si le ton général est plutôt grave et sérieux, les quelques scènes comiques arrivent à faire sourire et réussiraient à attendrir des coeurs de pierre. Ce que je reprocherais à cet aspect-là de la série, c'est cette symbolique assez agaçante du cerisier qui revient toujours, prouvant visiblement la toute-puissance du syndicat des horticulteurs spécialisés en cerisier au Japon. Plus clichesque, tumeur, si j'ose dire...