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147 critiques
Yummy yummy!
Tout d'abord, mettons les choses au clair, il faut vraiment voir les 2 saisons pour appréhender le propos de cette série, et ne pas rester totalement frustré par la fin de la saison 1.J'ai été...
le 2 mai 2025
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Mise à jour suite saison 3.
Dans Yumi’s Cells, il n’est jamais vraiment question d’une seule histoire d’amour, mais d’un chemin. Celui d’une femme qui, au fil de ses relations, apprend peu à peu à ne plus se perdre dans l’autre. La série se distingue par son approche moderne des relations. Les petites cellules qui peuplent son esprit rappellent directement Vice-Versa de Pixar, mais Yumi’s Cells va plus loin : en transposant ce mécanisme dans une rom-com adulte, elle met en scène un quotidien réaliste, à la fois tendre et drôle.
Dans la saison 1, Woong (Ahn Bo-hyun) apparaît comme le premier amour fondateur de Yumi. Un homme sincère, instinctif, parfois tendre sans même s’en rendre compte. Il apporte à Yumi une forme de force protectrice, mais sa tendance à l’ambiguïté et son manque d’affirmation active ont été perçus comme un désengagement. Avec lui l’émotion est sous-jacente plutôt que déclarée. Mais derrière sa douceur maladroite se cache une difficulté profonde à communiquer clairement. Il aime Yumi, pourtant il laisse constamment subsister des zones d’incertitude, des silences et des hésitations qui finissent par fragiliser leur relation. Avec lui, Yumi apprend l’amour, mais aussi la douleur de ne jamais se sentir pleinement choisie.
Avec Babi (Park Jinyoung), la saison 2 prend une autre direction. Chaleureux, charmeur, et naturellement attentif, il sait créer une atmosphère douce et sécurisante autour de lui. Sa constance affective, sa capacité à lire et répondre aux besoins de l’autre, sa douceur le rendent immédiatement accessible et agréable. Il incarne un amoureux plus rassurant. Grâce à lui, peut-être sans le vouloir, Yumi gagne en confiance et apprend à réfléchir à ce qu’elle désire pour elle-même. Pourtant, cette facilité finit aussi par créer une distance étrange. Babi séduit naturellement tout le monde, parfois sans mesurer l’ambiguïté qu’il entretient autour de lui. Là où Woong blessait par maladresse, Babi trouble par son incapacité à poser des frontières émotionnelles totalement nettes. Avec lui, Yumi découvre qu’une relation harmonieuse ne suffit pas toujours à rassurer le cœur.
Les deux premières histoires reposaient sur un même mouvement : aimer en partant de soi. En clair, les deux premiers aiment en partant d’eux-mêmes. Le troisième commence par partir d’elle.
La saison 3 marque donc un basculement. C’est le dernier amoureux et celui qui clôt le parcours de Yumi.
Lui, c’est Soon-rok (Kim Jae-won), la relation change de nature : pour la première fois, quelqu’un commence par regarder l’autre. Son personnage n’est ni démonstratif ni immédiatement séduisant. Il observe, analyse, hésite et surtout, il se confronte à lui-même. Ce n’est pas un homme qui séduit, c’est un homme qui apprend.
Soon-rok apparaît alors comme une forme d’aboutissement émotionnel dans le parcours amoureux de Yumi. Là où Woong laissait l’émotion enfouie sous les hésitations et où Babi entretenait malgré lui certaines ambiguïtés, Soon-rok cherche au contraire la clarté. Une fois ses sentiments compris, il avance sans détour, fixe des limites nettes et assume ses choix avec calme.
Pourtant, ce qui rend le personnage particulièrement attachant n’est pas seulement sa franchise, mais la douceur presque déconcertante avec laquelle il vit cette certitude intérieure. Derrière son apparente rigidité se cache un homme profondément attentif, capable de vulnérabilité, de maladresse, d’humour et d’une sincérité désarmante. Ses regards interrogatifs, ses petites déceptions silencieuses, ses taquineries et sa manière d’écouter Yumi donnent au couple une fluidité rare, faite moins de grands effets romantiques que de micro-émotions du quotidien.
C’est peut-être pour cela que cette saison laisse une impression paradoxale de frustration.Non parce que leur relation manquerait d’alchimie, mais précisément parce qu’elle semble trouver sa pleine respiration au moment où la série s’achève déjà. Avec seulement huit épisodes, Soon-rok donne parfois l’impression d’un personnage dont on commence à peine à découvrir toutes les nuances lorsqu’il faut déjà lui dire au revoir.
Ce qui rend Yumi si touchante, c’est que sa maturité ne la transforme jamais en héroïne froide ou toute-puissante. Même devenue écrivaine reconnue, elle reste profondément humaine : hésitante, sensible, capable de douter et de se poser mille questions. Mais contrairement aux saisons précédentes, elle ne cherche plus à se définir uniquement à travers le regard amoureux. Elle apprend peu à peu à exister pour elle-même. Et c’est peut-être cela qui rend sa relation avec Sun-rok si apaisée : pour la première fois, elle rencontre un homme qui ne cherche ni à la sauver, ni à la façonner, mais simplement à marcher à ses côtés.
Au final c’est une série brillante : ces petites créatures colorées allègent les moments tragiques. Les chamailleries entre la cellule radine et celle du shopping, ou entre la cellule du sommeil et celle du rangement, vous donnent le sourire juste quand l’émotion devient trop lourde. Les cellules de Yumi, autrefois foisonnantes et parfois chaotiques, semblent aujourd’hui plus affirmées, plus alignées. Elle ressent toujours, mais ne se laisse plus emporter. La série conserve aussi ce qui fait son charme : sa capacité à traiter des sujets plus intimes avec humour.
À mesure que Yumi se stabilise, la série déplace subtilement son centre émotionnel. Le tumulte intérieur ne disparaît pas : il change simplement de camp. C’est désormais chez Soon-rok qu’il se joue. Et c’est là que le jeu de Kim Jae-won impressionne. Tout passe par des détails : un regard qui s’attarde, une démarche qui se dérègle légèrement, une voix douce et grave qui enveloppe plus qu’elle ne s’impose. Il ne force jamais l’émotion ; il la laisse apparaître lentement.
Il n’y a rien d’idéal ici. Pas de grand amour évident, pas de romantisme surligné. Juste deux personnes qui se rencontrent, au bon moment.
Mais ma cellule émotions filerait bien un coup de pied à la cellule écrivaine de Yumi pour lui arracher au moins deux épisodes supplémentaires !
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Créée
le 21 sept. 2025
Modifiée
le 10 mai 2026
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9
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