En passant chez une amie qui regardait la saison 1, j’ai tout de suite reconnu l’actrice qui incarnait Sae-yi (Park Ji-hyeon). Je venais de la voir dans Toi et Tout le Reste, aux côtés de Kim Go-eun, où elle jouait déjà un personnage toxique. Décidément…
J’avais vu cette série il y a plus d’un an et je n’avais pas encore pris le temps d’en écrire une critique. Elle m’a pourtant marquée et j’ai repris mes notes. J’ai beaucoup aimé cette plongée dans la vie intérieure et le parcours d’une jeune trentenaire coréenne. Les petites cellules qui peuplent son esprit rappellent directement Vice-Versa de Pixar, mais Yumi’s Cells va plus loin : en transposant ce mécanisme dans une rom-com adulte, elle met en scène un quotidien réaliste, à la fois tendre et drôle.
Chaque cellule a sa personnalité et j’avais mes préférées : celle de la Sensualité, du Shopping, insatiable, la Détective ou encore celle du Rangement. La saison 1 illustre aussi le poids de la société coréenne sur une trentenaire : l’injonction à se ranger, à se marier, à se conformer à une norme sociale qui dépasse parfois ses véritables désirs.
La série se distingue aussi par son approche moderne des relations. Rare sont les K-dramas qui osent montrer un couple s’embrassant dès le deuxième rendez-vous, à peine quelques jours après leur rencontre. Ce rythme spontané, loin des conventions habituelles, apporte une fraîcheur inattendue. On croit à la naissance de ce couple, puis à ses épreuves, comme à un miroir crédible de la vie sentimentale contemporaine.
Dans ce contexte, Woong (Ahn Bo-hyun) apparaît comme son premier grand amour fondateur. Bourru, maladroit mais sincère, il lui redonne confiance en l’amour. Pourtant, leur couple se fragilise, rongé par les maladresses et surtout par une blessure intime : la présence constante de Sae-yi, l’amie de Woong, qui rôde toujours dans les parages. Le fait que Woong ne tranche jamais clairement face à cette situation érode peu à peu la confiance de Yumi. Leur rupture, déchirante, m’a semblé injuste, mais elle s’explique en partie par ce besoin vital d’être pleinement reconnue et choisie.
Avec Babi (Jinyoung), la saison 2 prend une autre direction. Séduisant, attentif, presque idéal, il incarne un amoureux plus rassurant. Grâce à lui, peut-être sans le vouloir, Yumi gagne une part de confiance et apprend à réfléchir à ce qu’elle désire pour elle-même. Là où la saison 1 montrait une héroïne tentant de se plier aux attentes sociales (mariage, stabilité), la saison 2 illustre son affranchissement progressif. Babi agit moins comme un grand amour que comme un levier décisif : il l’aide à s’émanciper, à tracer sa propre voie.
Et c’est là que j’ai trouvé la série brillante : ces petites créatures colorées allègent les moments tragiques, avant que je ne m’effondre complètement dans mon canapé. Lors de la rupture avec Woong en saison 1, ou encore dans celle de la saison 2, elles m’ont servi de véritable bouteille d’oxygène. J’ai ri devant les chamailleries entre la cellule radine et celle du shopping, ou entre la cellule du sommeil et celle du rangement (ah, celle-là !). Leur mauvaise foi et leurs excès m’ont permis de souffler, juste quand l’émotion devenait trop lourde.
C’est ce cheminement qui rend Yumi’s Cells passionnante : suivre une héroïne en constante évolution, qui aime, se trompe, tranche parfois avec dureté, mais avance toujours. Et derrière ses cellules drôles et attachantes, la série met en lumière toute la modernité qui traverse l’esprit des jeunes Coréennes d’aujourd’hui, entre respect des codes et désir d’indépendance.