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Tournée dans les Vosges, cette série combine une esthétique scandinave et une atmosphère américaine à la Twin Peaks (particulièrement prégnante dans le premier épisode), lorgnant également par...
le 10 mai 2017
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Force est de reconnaître que Mathieu Missoffe a su rendre une série habitée avec Zone Blanche. La ville de Villefranche et ses habitants regorgent d'histoires présentes, de cold cases (ou même la shérif de la gendarmerie fut impliquée avant d'endosser l'étoile) où la nature qui saigne et un loup interrogent sur l'implication complètement humaine dans des faits divers. Il y a un café, au nom ironique d'Eldorado, où la tenancière ferait plus "saloon" que "petit bourg où les portables ne passent pas". Le spectateur a aussi l'impression que le jour ne se lève jamais vraiment totalement dans la grisaille et la nébulosité ambiantes. Un "nouveau western" qui ne l'est pas vraiment mais distille sa morgue, ses effrois et où il faut être plutôt blindé ou natif pour supporter la dureté du milieu. On ne peut qu'aimer la connivence naissante entre ce nouveau procureur un peu gauche (mais extra-lucide sur la symbologie,les références littéraires entre autres) et Lorraine Weiss qui devront compter l'un sur l'autre pour avancer dans l'enquête principale tout en se perdant dans d'autres. La tonalité est donnée et j'ai vraiment envie de voir jusqu'où le showrunner va entraîner les déjà mordus de Zone Blanche tout en me doutant que la vérité est ailleurs de toute façon.
Dans les épisodes suivants, la forêt et les activistes écolos entretiennent l'ambiguïté entre la nature et les hommes.La série joue sur cette proximité où les sentiments sont exacerbés.Même si les habitants de Villefranche ressentent la vie au quotidien peser sur leurs âmes, d'autres restent fortement attachés à leur lieu de vie.Dans des ambiances dignes des Rivières pourpres ou le projet blair Witch, les révélations graduelles cachent énormément l'édifice, qui se fera bien attendre.
En adoptant un rythme d'une enquête par épisode et en faisant des aller-retours sur les intrigues fils rouges (la disparition de Marion Steiner, ce qui est arrivé au major Weiss il y a vingt ans), Missoffe multiplie les points de vue sur Villefranche et s'emploie à faire des "scènes-écho " pour ballader le spectateur voulant trouver un sens unique à la machinerie. Entreprise audacieuse qui nous fait progressivement constater que nous sommes dans l'erreur de considérer Zone Blanche comme un tout. En effet, la série est une somme d'éléments qui partent dans tous les sens pour établir des vérités et non une seule!
Le dernier épisode porte bien son nom car les révélations sur Marion Steiner ne sont qu'un tremplin pour satelliser une deuxième saison avec d'autres ramifications occultes. Ma curiosité est donc attisée et il me tarde de voir la suite. Saison 2. Deux meurtres ( celui d’un camionneur et d’un obèse dans son jacuzzi) ouvrent la deuxième saison de Zone blanche.Curieusement, le cold case remonte à l’époque romaine et remet une couche imperméable aux mystères de Villefranche.Quand le major Weiss décide qu’un lien rassemble toutes les affaires de son bled, elle se relance dans une quête démesurée.Le spectateur croit reprendre ses marques mais c’est le début d’un nouveau jeu.L’épisode de la pleine lune est vraiment celui qui réactive toute la mythologie de la série et pousse les personnages à des extrémités dingues. C’est aussi celui où l’existence d’un lieu singulier romain se précise.Les trois derniers épisodes de la saison donnent quelques explications sur le phénomène de la forêt de Villefranche.C’est loin d’être posé,définitif et la nature mystérieuse mêlée aux raisons humaines obscures continue à distiller ses essences.Le dernier plan de Lorraine s’étendant vidée sur son lit ne peut annoncer une fin mais une pause avant d’autres avancements contrariés,eux aussi.
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le 10 avr. 2017
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