1er épisode ici : https://www.senscritique.com/album/runaljod_ragnarok/critique/278049211
Episode 2 ici : https://www.senscritique.com/album/saga_de_ragnar_lodbrock/critique/274852325
Episode 3 ici : https://www.senscritique.com/album/Or_Ymis_Holdi/critique/296442397
Episode 4 ici : https://www.senscritique.com/album/sol/critique/313632735
Episode 5 ici : https://www.senscritique.com/album/emerson_lake_palmer/critique/333439572/edit
Episode 6 ici : https://www.senscritique.com/album/the_substance/critique/333585693
Episode 7 ici : https://www.senscritique.com/album/a_state_of_wonder_the_complete_goldberg_variations_1955_1981/critique/333661057
Episode 9 ici : https://www.senscritique.com/album/teaser/critique/334235251
Jorund ne peut plus tergiverser. Il se rue vers les charrois et aperçoit une cage. Sur une roue, à moitié assoupi un garde ouvre un œil, lève la tête et reçoit la tranche d’une doloire en plein milieu du front sa tête est partagée en deux.
Un brouhaha confus commence à agiter le campement. Derrière à quelques mètres les tentes commencent à remuer, à s’éclairer.
- La clé Jorund, la clé sur le gardien vite !
Jorund se penche, trouve la clé et ouvre la porte de la cage en fer à peine assez grande pour contenir le corps massif de Ragnar. Se tournant Jorund voit debout devant les tentes deux archers et deux hommes en chemise l’épée à la main. Ragnar sort, ramasse l’épée du gardien. Ensuite sans qu’ils aient besoin d’échanger un mot les deux vikings partiellement abrités par le bouclier Angle de Jorund sur ruent sur les archers. Des flèches fusent mais si la distance est courte, propice à la visée, les Angle surpris, encore englués de sommeil tirent un peu au jugé. Résultat une flèche dans le bouclier et une pour l’oreille de Jorund. Le second archer est percuté violemment et Ragnar se détachant de son camarade en un bond prodigieux assène à l’un des nobles en chemise d’un mouvement circulaire un coup d’épée puissant qui le cueille entre l’épaule et le cou. Le choc est brutal et on entend le bruit d’un os qui se casse. La clavicule n’a pas résisté. L’homme s’affaisse. Continuant sa course Jorund frappe le second épéiste de haut en bas avec sa lourde doloire. L’homme pare…un peu top haut. Les lames se choquent glissent et continuant sa course la doloire s’enfonce dans l’aine de son opposant. Le sang gicle. L’homme hurle et tombe au sol. La course, la course ! Courir comme c’est bon, sentir l’air frais sur ses joues, le sang qui galope dans ses veines, le cœur qui bat plus vite, les muscles qui répondent sans faillir à la sollicitation d’un cerveau grisé ! Des frissons de joie extatique agitent les deux vikings, ils courent et, aidés par la noirceur profonde se noient dans les fourrés avoisinants.
Le roi est sorti de sa tente, des hommes viennent en aide aux deux blessés. L’un a une plaie vilaine mais sa clavicule lui a sauvé la vie et si l’infection ne gagne pas il vivra. On le panse soigneusement. Quant à l’autre la doloire a creusé un profond sillon dans l’aine coupant au passage un testicule. L’hémorragie est trop importante et il meure en quelques minutes. Æthelweard lui a tenu la main, c’était son cousin. On sait ce que vaut la famille celle-ci peut être d’une grande violence mais elle peut aussi receler des amitiés et des amours profonds. Alors Æthelweard pleure ce cousin qui lui est cher et pleure sur le sort funeste qui, un jour, fit de lui…Un roi ! Les feux se sont rallumés, tous sont aux aguets, tous regardent, tous marchent dans les fourrés mais n’osent s’éloigner du peu de lumière qui déchire maigrement le rideau de la nuit…Tous sauf un ! Ceolwulf n’est pas là ! On se dirige vers sa tente, les pans sont écartés et au sol semblant dormir un Om git.
Dors Ceolwulf, dors, ton chagrin s’envole. Tu as retrouvé ton frère chéri. Ton double, ton autre toi, ta seconde vie disparue. Tu vas pouvoir le chérir, l’embrasser.
On appelle le roi il découvre alors que son homme lige est mort, sa propre dague enfoncée dans son cœur.
Si seulement Æthelweard s’était approché plus près, si seulement il ne lui avait pas clos les yeux si rapidement. Il aurait constaté que le noir des iris du mort avait disparu pour céder la place à une autre couleur…le bleu Océan symbole de la force et de la tempête régnant dans l’esprit du fils d’Odin. Le bleu régnant dans les yeux de Ragnar.
La suite bientôt, ailleurs !