Pink Floyd en huit morceaux ?! Eh oui, pour rentabiliser un catalogue qui leur appartient depuis peu puisque Gilmour l’a vendu à Sony Music en 2024 pour une somme évidemment rondelette (on parle de 400 millions de dollars, ne vous étouffez pas ! 😲), tout est bon pour que Pink Floyd rapporte toujours à Sony alors que le groupe est séparé officiellement depuis 2014. On a droit à des coffrets d’anniversaire, chaque fois définitifs, hein, un live 1975 à Los Angeles…Voilà donc une énième compilation de ce groupe légendaire parmi les tonnes qui existent, en huit morceaux seulement. Bon, 1er point, je ne suis pas du tout sûr que le Floyd soit « compilable ». Je m’étais déjà fait cette remarque en écoutant le double « Echoes-the best of » pourtant bien rempli. Attention, les 8 titres sont gigantesques, rien à redire dessus, de « Money » à « Wish you were here » en passant par le monstrueux « Comfortably Numb » (peut-être le meilleur solo de Gilmour). Ces morceaux sont entrés au Panthéon du rock. 2e point : un groupe qui a duré de 1967 à 2014, résumé en huit titres ?!!! « Run like Hell », « Echoes » (mon préféré) et ses 24 minutes magistrales, « Shine on you, crazy diamond », « High Hopes », « See Emily Play » par exemple, passent allégrement à la trappe. L’intérêt de ce choix est donc limité. Pourtant, chacun de ces morceaux a été remasterisé par Steven Wilson, un musicien qui est une référence lorsqu’il s’attaque avec toujours beaucoup de respect aux géants du rock progressif (Yes, Marillion, King Crimson…) et même du hard rock (avec Motörhead récemment). Son travail est d’une qualité exemplaire.
Est-ce que ça suffit à rendre cette compilation réduite indispensable ? Bien sûr que non. Il a par contre eu la bonne idée de réunir les deux parties de « Pigs on the wing » en un seul morceau. Mais les fans complétistes n’y trouveront pas grand intérêt. Une idée m’est venue en écoutant ces huit morceaux, peut-être pas si saugrenue que ça : cette compilation a été faite pour un marché de jeunes (vingtaine, trentaine d’années ?) qui découvrent Pink Floyd aujourd’hui par l’intermédiaire de leurs parents. Beaucoup d’ados aujourd’hui sont fans de «The Dark Side of the Moon », au-moins les morceaux connus sur les plateformes de streaming, et on peut les comprendre. C’est peut-être un moyen pour Sony Music de se les attacher alors, pourquoi pas ? Mais pour les fans « hardcore » dont je fais partie (avec des dizaines/centaines d’enregistrements bootleg dans ma collection), cette énième compilation n’apporte rien, malgré le travail sur le son (mais il était déjà fabuleux à l’époque avec Alan Parsons comme ingénieur du son à Abbey Road). Dommage que Wilson n'ait pas réalisé une compilation avec les morceaux les plus longs et progressifs du Floyd (en réunissant les morceaux coupés en plusieurs parties sur les albums originaux), ça, ça m'aurait intéressé mais ça aurait été bien moins commercial qu'une millionième version de "Money"...