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En 2005, Bloc Party met un énorme coup de Vans dans la fourmilière de l’indie rock : Silent Alarm marque instantanément la scène de son empreinte, au même titre qu’Is This It?, Funeral ou Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not pour ne citer qu’eux. Au-delà des smash hits que sont Banquet et Helicopter, les Londoniens imposent leur identité sonore sur un premier album remarquablement dense, drivé par le jeu de guitare frénétique et bardé d’effets numériques de Russell Lissack.
10 ans plus tard, le groupe (ou ce qu’il en reste) entre en studio pour ce qui va devenir son cinquième album : HYMNS. Et on ne peut s’empêcher de prendre du recul sur la décennie passée et de se demander ce qui a bien pu arriver à l’un des plus grands espoirs du rock britannique. Alors bien sûr, la comparaison directe entre ces deux albums est tout simplement impertinente. Bloc Party a une histoire, et transite depuis déjà longtemps vers l’électro rock, non sans l’influence naturelle de Kele Okereke, DJ à ses heures perdues. Une progression logique qui force à considérer l’œuvre du groupe dans sa globalité à l’heure de découvrir ce dernier essai.

Autant le dire d’entrée : c’est raté. Non que je prenne plaisir à critiquer des albums que je n’aime pas, mais avec Bloc Party je m’y sentais un peu obligé. D’autant que je connais bien les Anglais, et qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai dans le monde de l’électro. Dès le deuxième album, Flux proposait un voyage parallèle sur les terres de la boîte à rythmes. Puis Intimacy tout entier était teinté de ces sonorités synthétiques, si bien dosées sur Ares, Talons ou Trojan Horse. Sans compter la sublime Idea For A Story, disponible sur l’édition américaine, qui capturait à merveille tout le talent que peut avoir Kele pour les compositions électroniques. La preuve est là : Bloc Party sait faire. Et la déception à l’écoute de HYMNS en est d’autant plus grande.
Devant le changement de line-up, batteur et bassiste recyclés, je m’attendais à une section rythmique en retrait. C’est pire : c’est la guitare lead de Russell Lissack qui se retrouve noyée dans un océan de beats quelconques et sans âme. De Helicopter à Octopus, ses riffs avaient toujours apporté le twist décisif, comme une unité à travers les voyages sonores du groupe. Et là, tout s’écroule. Fini les delays millimétrés, les envolées au Kaoss Pad, les nappes à l’E-Bow. Place aux synthés façon eurodance.

HYMNS est une succession de fautes de goût, ce dont on peut se convaincre dès les premiers titres. Le premier single The Love Within sonne presque comme une parodie tant le synthé est immonde, puis Only He Can Heal Me nous fait subir ses 4 minutes de chœurs indigestes. Le pont laisse entrevoir une lueur d’espoir, avec l’arrivée d’un synthé rappelant l’atmosphère d’Intimacy, mais le soufflé retombe immédiatement, à l’image d’un album qui ne décollera jamais. La moitié de la tracklist est tristement quelconque, et pourrait passer pour une de ces vidéos Youtube de « musique posée » qu’on met en fond sonore quand on n’a pas de goûts. Pardon, quand on « écoute de tout ». C’est criant sur So Real, qui pourrait faire l’objet d’une expérience musicale de PV Nova sur la musique d’ambiance. C’est ça, le nouveau Bloc Party ?

Le quatuor est méconnaissable, ce qui en soi n’est pas dérangeant : il a prouvé par le passé qu’il savait se réinventer avec réussite. La pilule passe beaucoup moins bien quand l’album est une banalité de 15 interminables titres aux fulgurances bien trop rares : je dégagerais Eden, qui rappelle légèrement les ressorts d’Idea For A Story, et Fortress, aux accents évoquant Biko. C’est tout. Le reste, c’est l’encéphalogramme plat, ponctué de légendaires fautes de goût. En figure de proue, la voix high-pitched à la fin de Different Drugs. Bordel les gars, vous découvrez le numérique ou quoi ? On dirait des gosses qui jouent avec un clavier Bontempi. C’est -2 sur la note direct. Ah ben non, y avait pas assez de points.

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