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Il y a quelque chose de magique avec Godspeed, c'est cette perpétuelle redécouverte. Sur Lift Yr. (comme sur les précédents) chaque écoute amène de nouveaux éléments, de nouvelles sensations. Un album qui ne se laisse pas conquérir entièrement dès la première écoute. Jamais un groupe de post-rock n'avait été aussi loin. Car oui, Lift Yr. échappe à la conception classique d'un album, et se rapproche plus d'un album de classique. Pensé comme une symphonie, le tout s'organise autour de 4 morceaux, eux-mêmes composés de plusieurs mouvements.

Les morceaux en eux-mêmes se rapprochent de la structure des anciens titres de Godspeed : souvent une montée très lente, un riff plus rythmé, une descente et quelques paroles anticapitalistes marmonnés. Mais ici tout est plus puissant, plus fabuleux. Vous faire une description complète de chacun des morceaux serait une perte de temps car (comme dit plus haut) ils sont complexes et fourmillants de détails. Autant essayer de résumer le tout. Tout commence avec « Storm » et ses trompettes prophétiques qui guident le premier mouvement avec cette guitare en retrait et cette montée un peu lente qui finit en apothéose, puis on souffle avec la reprise du deuxième mouvement, violons sortis, avec une guitare plus en avant et un sommet magique qui prend le temps de redescendre pour finalement conclure sur le dernier mouvement très calme composé de quelques notes de pianos et de bruits divers. Viens « Static » qui commence avec ses bruits de camions, de trains qui arrive sur un mouvement très calme avec juste du violon. La rupture est nette la deuxième partie commence et comme d'habitude la montée est lente avec quelques cordes qui tournent et finalement l'envolée avec cette guitare saturée. Ça monte, ça redescend et la conclusion est encore plus calme que sur « Storm ». Et là, « Sleep » commence avec un monologue magique d'une minute. La voix continue, la guitare arrive et s'ensuit la plus longue montée de l'album qui livre un pinacle long composé de deux mouvements majeurs. La redescente stridente livre le nouveau mouvement qui monte rapidement et qui ne redescendra pas avant la fin, et enfin la batterie et la guitare diminue son rythme pour nous livrer avec bonheur « Antennas to Heaven ». Elle commence étrangement avec ce sample d'un homme jouant un morceau de country et d'un coup, tout devient atmosphérique, on se demande ce qui se passe, les bruits sont incroyables et un son clair fait son apparition, on entend des enfants chanter quelques chansons enfantines, les voix se font de plus en plus faibles et le morceau prend enfin son élan. Quelques cordes tiraillées, une montée au rythme assez lent avec cette guitare lointaine et d'un coup sans s'y attendre le riff. Un des meilleurs passages du disque. Passage si puissant que le morceau ne se relèvera pas : la descente est sèche et sinueuse, les guitares refont des apparitions timides, un piano très lointain. Les six dernières minutes sont étranges et planantes et nous emmènent vers de nouveaux horizons. Et la fin arrive.

Vous voilà prévenu. Lift Yr. ne vous laissera pas indifférent, on en sort bouleversé, et on y replonge avec un plaisir presque malsain.

Lucid
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les 2000' en musique et Tiny Mix Tapes : Favorite 100 Albums of 2000-2009

il y a 10 ans

66 j'aime

10 commentaires

Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven!
Seijitsu
5

Des larmes et de la pompe...

A force de lire partout que tel disque est un chef d’œuvre, on en vient à adopter une posture mimétique pour ne pas passer pour un idiot. Surtout quand il s’agit d’une soit disant pierre angulaire...

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il y a 6 ans

34 j'aime

1

Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven!
yaya-dc
10

Un kilomètre à pied...

Pour la troisième fois en trois soirs, j'écoute cet "album". Le premier soir, j'ai voulu qu'il finisse en beauté ma journée et me fasse sourire. Le deuxième soir, j'ai voulu cerner ce qu'il m'avait...

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il y a 8 ans

16 j'aime

3