AM, la voix de la résurrection
Je me noie. Tombée il y a quelques semaines dans ces marécages, je me vois maintenant sombrer lentement. Pas assez de courant pour couler très franchement, mais bien assez accrochée au fond pour ne pouvoir en réchapper. Je ne savais pas ces eaux si profondes, ces ondes si prenantes. Je n’ai d’autre choix que d’apprécier dans la douleur, heure après heure, les accords si parfaitement enchaînés du piège le mieux ficelé dans lequel je sois tombé.
Et, à l’image de la noyade la plus banale, des soubresauts d’espoir ponctuent l’attente vers ma fin pourtant irrémédiable. J’ai cru, en effet, ces derniers jours, pouvoir me défaire des lianes qui si fort m’attirent vers le fond et m’éloignent de la vie. N’avais pas entendu les doux appâts de ces mélodies depuis plus de 48h, ne me réveillais plus avec ce rythme en tête, pensais cette passade passée … Mais en laissant échapper ma dernière bulle d’air, à quelques centimètres de la surface, j’ai senti le lien me rattraper, et les bas fonds redevenir mon seuil éternel.
Mais, à l’image de la mort la plus banale, je sens maintenant comme un soulagement. Mes sens ont trouvé un havre de paix en ces sonorités, mon confort devient illimité, et je me laisse aller pleinement à ces plaisirs auditifs car jamais je n’en serai rassasiée. Un nouvel air se trouve finalement sous l’épaisse couche de la lutte.
Crawling back to you, je re-vis.