Plusieurs dizaines d’années qu’on attendait ce 4e volume, presque trente ans en fait ! Les collectionneurs compulsifs savaient qu’il restait des trésors dans leurs archives. Les fans ont de quoi se réjouir, les complétistes absolus en particulier ; les néophytes, eux, pourront d’abord écouter la discographie entière des Fab Four et ne pas se sentir vraiment concernés par ce pointilleux travail d’archiviste réalisé depuis les années 90. Un mot d’abord sur la forme qui aurait pu être plus soignée : 2 CD en un digipack pas super solide (loin des boîtiers en plastique des 3 premiers volumes…). Et puis la pochette qui se contente de reprendre le visuel des trois albums « Anthology » sans se fatiguer du tout ; quand même, il n’y avait pas moyen de faire un chouette coffret, hein ?! Le fond maintenant, rien de révolutionnaire, pas de "chefs d'oeuvre ignorés", ce sont leurs albums studio qui le sont mais de jolies (re)découvertes avec tout de même pour finir « Free as a bird » (Anthology 1), «Real Love » (Anthology 2) dans des mixes 2025 qui ont subi un traitement à l’intelligence artificielle pour faire sortir la voix de John (mouais…) ainsi que « Now and then » le morceau démo transformé (plutôt bien) par l’IA en 2023. Ça sent un peu le recyclage tout ça.
Anthology 4 contient heureusement des prises inédites, principalement de la période 1964-1965, où on les entend travailler sur des titres comme « Tell Me Why » ou « Nowhere Man ». Le plus intéressant est l’impression d’être à leurs côtés dans les studios d’Abbey Road, dans une proximité réjouissante et émouvante, avec quatre jeunes gars qui s’amusent, explorent, éclatent de rire et ne cessent d’innover, quitte à se planter. Pas grave, on recommence ! On est au cœur de leur création et c'est pour ça que ces Anthology valent toujours le détour. Certaines prises sont dotées d’une belle énergie comme le « I need you » de Harrison où on sent l’influence de Buddy Holly sur les petits gars de Liverpool. Est-ce que c’est un essentiel ? Bien sûr que non mais l’exploration de leur œuvre est toujours fascinante ; avec ces quatre gars, même les demos, les prises ratées ou incomplètes ne le sont jamais totalement ! Et ça, c’est rare, très rare. A noter que Disney + diffuse les épisodes du magnifique documentaire avec un inédit supplémentaire.