Sorti en 2012, Born to Die a longtemps été un album un peu paradoxal. À l’époque, l’attente autour de Lana Del Rey était immense, presque écrasante, et beaucoup avaient le sentiment que la musique ne correspondait pas tout à fait à la hype qui l’entourait. L’album semblait parfois trop lisse, trop calculé, comme si l’image précédait les chansons. Avec le recul, la perspective s’est complètement inversée.
Aujourd’hui, ce qui frappe surtout, c’est à quel point ce disque est rempli de morceaux marquants. On oublie presque que chaque titre ou presque possède un refrain mémorable. Born to Die, Blue Jeans, Video Games ou encore Diet Mountain Dew sont devenus des repères immédiats de la pop des années 2010. Quelques notes suffisent pour replonger instantanément dans l’atmosphère de 2012 : une époque faite de Tumblr, de mélancolie glamour et de romantisme un peu décadent.
L’album a aussi imposé une esthétique sonore et visuelle qui allait influencer une grande partie de la pop de la décennie. Cette combinaison de cordes cinématographiques, de beats hip-hop et de nostalgie américaine a ouvert une nouvelle voie. On peut difficilement nier qu’il existe un avant et un après Born to Die dans la musique pop.
Avec le temps, certains titres se sont révélés plus résistants que d’autres. Summertime Sadness, notamment, reste celui qui traverse les années avec le plus de force, grâce à son mélange parfait de mélodie mélancolique et d’ampleur dramatique.
Si tout n’est pas irréprochable, l’ensemble possède une identité rare. Et plus les années passent, plus il devient évident que cet album était bien plus solide qu’on ne voulait l’admettre à sa sortie.