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le 8 juil. 2026
SuivreAnge reste dans son style
Alors que nombre de groupe s'éparpillent, même sans son chanteur au micro, Ange reste dans ce qu'il sait faire, du bon rock psyché poétique. Avouons que les textes sont un peu moins bons sur cet...
Christian Décamps avait laissé entendre, aux début des années 80, qu'Ange disparaitrait le jour où il se choisirait pour nom d'album, son propre anagramme. Egna est sorti en 86 ! Christian a claironné, bien plus tard après une tournée d'À... Dieu, qu'un ange était immortel. Laissant entendre que son groupe pourrait perdurer, se relever du départ de Francis, Daniel Haas et Jean-Michel Brezovar. Et même, un jour, survivre à son fondateur. On est à la fin des années 90 et il faut justifier, un line-up entièrement renouvelé autours du père fondateur et du fiston cultivant clairement l'interprétation unique de son paternel.
On entrait alors, et ce n'est pas banal, dans la période de stabilité la plus longue pour ce projet musical né au crépuscule des années... 60. Avec Cunégonde, les Belfortins ouvrent une nouvelle voie en 2025. Un album qui s'est fait attendre. Je crois avoir vu une première annonce de publication pour l'automne 2023. Le Cunégonde Tour s'est donc terminé avant même la sortie de l'album. Si long, qu'ils ont fait paraitre, en guise d'encas, un EP Live dévoilant trois plages du futur album.
Heureux, en 2018, était un disque très réussi. Suivi d'une magistrale tournée pour fêter les Cinquante An(ge)s. Et une double soirée au Trianon, invitant les anciens à partager la scène. J'étais là, parmi les fans historiques, posé plutôt côté Cour, avec Francis, de retour pour l'occasion, en point de mire. Et cette soirée fut bouleversante et émouvante. Magique. Certes, il en manquait quelques-uns. Disparus. Hommage lui fut rendu, mais Brezo n'en était pas, Il décèdera peu de temps après. Physiquement, s'il donnait tout, Christian semblait fort diminué. Essoufflé. Presque au bout de son souffle. La fin épique d'une époque. Avouons-le, ce concert aurait été le parfait au revoir.
Que l'équipe qui tient le groupe depuis le dernier tiers des années 90 reprennent la franchise, n'a rien de choquant. Mais ne faudrait-il pas laisser Ange à son créateur ? Ange demeure, et Cunégonde est construit comme une passation. Une sorte de tuilage. Le poète continue (et continuera) d'écrire, jusqu'au jour où il lui faudra "Quitter La Meute". Un texte à plusieurs niveau de lectures, comme il sait si bien les distiller. Un poète, pas encore, en mal de rimes visiblement. Et qu'on aurait aimé, ne serait-ce que pour le sens, le voir l'interpréter lui-même. Sauf qu'il fallait un coffre qu'il n'a plus. Un titre qui peut parfois rappeler Porcupine Tree. Rappelons que Steven Wilson avait produit l’excellent "Jusqu'où iront-ils" en 2001 !
Est-ce cette sortie plusieurs fois reportée, l'album manque d'une direction et parait foutraque en termes de styles. Les deux voix ne se mêlent plus. Chacun prend sa part, l'un après l'autre, et le gâteau n'est pas partagé à parts égales. Christian nous emporte encore sur le magnifique "Un Passage de Rêves". Là encore deux niveaux de lecture ! Et une signature plus typiquement Ange. Au même titre Cunégonde, qui nous ramène inévitablement vers le souffle épique de Guet-Apens. Tel un testament. Un leg. Une transmission. L’œil du maitre à jamais ? Si seulement...
Foutraque je disais, un bel hommage à Ennio Morricone. Mais qui vient un peu comme un cheveu sur la soupe. Comme une idée abandonnée en 81 sur l'album Moteur, qui célébrait le Cinéma. Mais arrangé à la sauce Ange du 21è siècle.
Le bon, la brute et le sublime... C'est un peu ange ça non ?
"Pace Nobilis", avec Tristan aux commandes, et qui joue un peu trop de la voix de fausset. "Un diamant dans le cœur", pur Métal francophone. Même si on sait que l'ange dernière formule tâte plus du métal que du Rock'Prog. On aurait sans doute aimé que la dernière danse de Christian se joue dans un clin d’œil à la formule initiale. "Fruits et légumes" n'est pas non plus le texte le plus inspiré du maitre de la plume. Disons que la thématique dénote un peu. L'écriture, elle, est pur jus. L'arrangement entre jazz et métal est assez intéressant, quoi que peu emballant. On reste sur notre faim. Ce n'est plus très mode d'être carnivore. Mais, soyons clairs, "La Meute" qu'on la quitte ou non, nourrit davantage son Homme.
Hajdi est l'un des meilleurs guitaristes de sa génération, mais ici, Hassan semble n'avoir que peu de place. il en va de même pour Sidhoum, moins prolifique à la basse que sur l'album précédent. Dès qu'un bridge s'offre à ces deux là, ils opèrent majestueusement, mais c'est trop rare. Cazzulini, lui, est fidèle à lui même. Une rythmique aussi carrée que subtile et quelques riches patterns dans les interstices.
Cunégonde restera, sans doute, surtout comme la dernière courte apparition, comme frontman, de Christian Décamps. Probablement ce qui fera trace. Plus que le contenu en lui-même. Tout cela en admettant, quand, même qu'il est plutôt rare, qu'un groupe, sous sa forme initiale ou pas, propose un excellent premier album en 72, et un dernier album encore inspiré, 53 ans plus tard ! Avec seulement quelques rares accidents de parcours, à l'heure où tout le monde, ou presque, commettait des fautes de goût... Sat'années 80's ! L'heure de la retraite pour Christian. La question reste en suspend. Les descendants doivent-ils offrir à Ange, une nouvelle époque ? Pourquoi pas. Attendons de voir de nos propres oreilles. Il faudra veiller à ne pas séduire seulement les imbibés... ceux-ci aussi prennent de l'âge !
Créée
le 14 juil. 2026
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