Il y a ceux qui jugent un livre de par sa couverture et un album de par sa pochette. Il y a ceux qui n’écoutent pas avec leurs oreilles mais avec leurs pieds refusant catégoriquement le Maiden de 2000 et après. Habituellement, ceux-ci sont pressés. Pressés de tenter de passer pour des connaisseurs. Après tout, selon eux, ils sont la référence comme le critère ; toute la musique enregistrée avant ou après leur génération est de la daube. Et enfin, il y a ceux, comme vous, qui donnent une chance. Ceux qui s’assoient confortablement après s’être servi une coupe de vin, ainsi, qui prennent le temps.
Prendre le temps ; c’est ce qu’il faut faire avec une vieille vierge. Enfin, avec la vieille Vierge de Fer de ce siècle. Car si vous avez un mauvais feeling dû à l’illustration hideuse de la pochette de celui-ci, vous serez par contre agréablement surpris si vous prenez le temps de l’écouter. C’est que, depuis Brave New World (et même depuis The X Factor), Maiden s’aventure dans des territoires sensiblement plus prog et moins heavy avec des compositions allongées aux structures davantage inhabituelles, comme sur Panchedale co-écrite par Nicko, une première ! D’ailleurs, sur Face in the Sand, le batteur s’en donne à cœur joie sur la double grosse caisse, ce qui est assez rare de sa part sur les galettes précédentes. Donc Dance of Death, avec son atmosphère à tendance médiévale mais, soyez sans crainte, toujours heavy (Wildest Dreams, Rainmaker, Montségur, New Frontier) s’adresse à ceux qui refusent de jouer les constipés en rejetant systématiquement tout ce que la bande à Harris a pu faire suivant Fear of the Dark.
Évidemment, la pochette nous fait regretter l’époque du vénérable artiste Derek Riggs aux pinceaux mais si vous laissez cet aspect aux simplets qui jugent un livre de par sa couverture et si vous gardez à l’esprit la direction musicale que Maiden a souhaité prendre au début du nouveau millénaire — car celui-ci est sorti il y a déjà 24 ans — en démontrant une véritable volonté d’avancer et d’explorer (puis d’exploiter) les mélodies, vous vous rendrez rapidement compte que cet opus a vieilli comme le bon vin.
Alors donnez une chance, assoyez-vous confortablement après vous être servis une coupe de vin, ainsi, prenez le temps. Et si vous ne buvez pas de vin, qu’importe ; le bon vin, c’est l’album…