On est sur le comeback du siècle. Coroner revient avec une musique plus puissante, plus expressive tout en gardant cette stabilité glaçante et cette hargne au niveau du chant, qui est vraiment le petit truc qui me fait adorer Coroner : une sophistication élégante et toujours efficace au niveau instrumental qui ne nécessite pas d'en faire plus au chant que de réciter le texte avec ce ton thrash-metal. C'est à mon sens ce qui faisait toute la puissance émotionnelle et la noirceur du génial "Grin". Mais on voit que coroner n'est pas resté hermétique à l'histoire du metal qui s'est poursuivit sans eux. On trouve des traces non pas de fruits à coques mais de tool, de meshuggah, de trucs un peu plus "posts", de metalcore. On crois à peine entendre un album de comeback après 30 ans de pause en fait.
Si je peux me permettre un regret, je dirais que le coté parfois plus épique de cet album rentre un peu en contradiction avec le coté froid et fermé, presque austère et introverti que j'aime chez ce groupe, ce qui fait l'album me laisse globalement plus dans un entre-deux émotionnel, je le perçois presque plus comme un pur album de bangers thrash prog ultra-efficace, lourd et inspiré que comme un continuateur de la radicalité de Grin. Mais à la limite, pour ça, j'ai Grin. Et puis je suppose que le comeback va avec une certaine volonté de faire quelque chose d'impressionnant, donc ça se comprend.