Pour commencer sur ce qui fait consensus, l'ambiance générale de l'album est une vraie réussite, surtout qu'il n'a pas besoin d'artifice unificateur, l'album passant plutot par plein de sous-genres de types de beats et de flows différents. Les voix sur-mixées et surexcitées sont cohérents avec la volonté de produire quelque chose de direct et brut quit à risquer d'être génant ou pas assez classe, les changement imprévisible entre les beats et les flow sont excellents, certains couplets sont autant éprouvant qu'excitant et excitant car éprouvant, et les textes marquent l'album d'une empreinte rageuse mais endeuillée, car il semble bien que quelque chose soit mort et que cette surcharge esthétique tend désespérément à la faire revivre.


Mais donc parlons de cette surcharche justement, qui s'incarne dans l'élément stylistique qui a mon sens est le plus "gadget" de leur style, à savoir le glitch. J'ai personnellement un rapport un peu froid au glitch, c'est une pratique musicale qui m'est surtout apparue par des musiciens comme Igorrr ou Ruby My dear, et j'ai tendance à trouver que ça suscite un enthousiasme qui retombe vite. Ca a une sorte de valeur choque mais il faut quelque chose derrière, et c'est ici heureusement le cas, mais je dois reconnaitre que je trouve ça vite surfait, et j'ai tendance à penser qu'on pourrait souvent s'en passer. Je pense vraiment que ces artistes n'en ont pas tant besoin que ça, alors que je l'impression qu'on en fait souvent un attribut central de leur musique.


Cette surcharge s'exprime aussi dans le jeu sur les voix. La majorité du temps ça marche parfaitement, j'adore notamment quand des passages mélodiques surviennent, ils apparaissent toujours comme des climaxs émotionnels sans retenue, et la mélodie très osée qui sert de refrain au dernier morceau "LE MOME" est à mon sens géniale jusque dans son placement rythmique. Mais, absence de dosage oblige, je reste parfois plus sceptique, quand femtogo se met à pleurer sur une demi-phrase, ce quic si le texte n'était pas lui meme dramatique, pourrait presque sonner ironique, et je ne peux pas m'empecher de penser avec un sourire gené à ce tweet qui se moquait du passage vers un flow en sextolets sur un morceau à l'instru "boom-bapisante" (pour faire simple), en disant que la licence FL studio du rappeur s'appretait à expirer. Car en effet, à ce moment cette volonté de surcharge tue juste le groove qui s'installait pour quelque chose de beaucoup plus simpliste sans etre infiniment plus expressif.


D'ailleurs je trouve globalement que ce type d'instru n'est pas vraiment leur fort. Et pour rester sur les tentatives d'exploration génériques, le morceau rock est plutot indigeant pour quiconque...écoute du rock. J'ai de toute façon tendance à trouver que les artistes français d'autres styles qui veulent faire "leur morceau rock" c'est pas trop ça. J'avais par exemple vraiment détesté "mon casque" sur l'album de Théodora.

Mais je trouve qu'au coeur de leur art, dans un rap moderne, bruyant, souvent rapide et s'il faut avec du glitch, ce trio met vraiment à l'amende la plupart de ce qui se fait en rap fr. En terme de morceau plus lent et mélancolique, il n'y a vraiment que "LE MOME" qui me reste, beaucoup plus que les plus "chills" puke something et G.Mckenna, donc j'espere que c'est dans ces voix là que femto, soeur et neo continuerons de creuser.

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le 24 oct. 2025

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Tod Gazer

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