En 1993, Paradise Lost avait cartonné avec « Icon » dont les ventes à ce moment-là avaient dépassé celles de Metallica en perte de vitesse ! La suite était donc délicate car il fallait être à la hauteur mais le groupe va prendre son temps, deux ans, pour peaufiner son œuvre. Il est alors loin le temps du death doom metal des débuts tant le groupe britannique a élargi sa palette. Il se révèle capable de créer des mélodies frappantes et irrésistibles et c’est ce qui fait la différence avec d’autres groupes de metal. Le ton est toujours très sombre, mais Paradise Lost sait écrire des chansons d’une puissance assez phénoménale et qu’on n’oublie pas une fois l’album terminé. Non, elles vous restent immanquablement en tête, obsédantes et il en faut du talent pour ça ! Même si bien sûr, avec le succès, les métalleux purs et durs les ont accusés d’avoir vendu leur âme au Business et aujourd'hui encore, l'album subit des critiques vives…Allez, laissons les grincheux et étroits du bulbe ruminer et profitons de grands morceaux comme « The last time », « Shadowkings » ou encore « Yearn for change ». Bon, je cite là trois exemples mais je pourrais citer tout l’album ! Il y a largement de quoi prendre son pied avec un titre comme « Once solemn ». C’est du heavy metal très sombre mais qui n’oublie jamais les mélodies efficaces et riches dont il ressort une vraie mélancolie voire tristesse. Dans l’édition deluxe de 2020, un 2e CD a été ajouté avec des morceaux en démos et en live à la BBC. C’est parfaitement mérité pour un album de grande classe et dont plusieurs morceaux font encore partie de leurs setlists à chaque concert, leur dernier passage à l'Elysée Montmartre en 2025 l'a à nouveau montré.