Le 1er album du groupe (à l’époque, ça en était encore un) « Pretties for you » avait été un bel échec. Mais Alice Cooper, autour de son leader Vincent Furnier, continue sur sa lancée en 1970, dans une veine hétéroclite, assez rock psychédélique. Vincent s’affirme, ne joue plus d’harmonica et laisse Glen Buxton le guitariste livrer ses improvisations. On sent surtout un groupe qui ne sait pas encore dans quelle direction aller, il tâtonne et se perd parfois en cours de route (l’auditeur aussi) en accumulant les improvisations, les fausses pistes : sur « Shoe Salesman » il nous la joue carrément folk californien, à tel point qu’on pourrait imaginer America interpréter cette chanson ! « Blow your means » est lui du pur rock psychédélique, rappelant le Grateful Dead en moins bon ; « Still no air » est très moyen et puis voilà que survient le meilleur morceau de l’album, celui qui dépote immédiatement, « Return of the spiders », du gros heavy rock qui décrasse les esgourdes ! Ça y est, on se dit, ils y sont, ils ont trouvé « leur » son…Et puis non, car la 2e moitié de l’album s’embourbe ; « Refrigerator Heaven » ne semble pas terminée, comme une ébauche de morceau à laquelle il manquerait des idées. Quant au morceau final, « Lay down and die, goodbye », il se révèle une bouillie sonore expérimentale de 7 mn 30, assez pénible, qui ne mène nulle part. Comme s’il leur manquait un titre et que les musiciens se sont dits : « Allez, on improvise, on monte le son des enceintes à fond et on voit ce qui peut en sortir ». Eh ben, le résultat…c’est pas grand-chose. Décidément, Alice se cherchait encore à ce moment-là mais il progresse et « Love it to death » en 1971 allait le prouver.