Lorsque j'ai commencé à écouter du metal, dans le début des années 2000, j'ai rapidement compris que le neo-metal avait relativement mauvaise presse malgré (ou à cause?) le succès commercial de ce genre. Toutefois, si j'écoutais (et écoute encore) sans honte Korn, Linkin Park (les premiers, faut pas déconner) ou Slipknot, une frange de ce style demeurait taboue : le neo-metal français. Écouter Pleymo, Lofofora ou Watcha? Mieux vaut se pisser dessus en public!
Ce n'est donc qu'aujourd'hui avec bien davantage de recul et moins d'affect que je m'intéresse à ces groupes et découvre leur musique. Dans ce cadre, je me suis notamment penché sur ce Episode 2 : Medecine Cake de Pleymo, album qui, par le succès qu'il a connu et son visuel, m'avait marqué sans que jamais je n'y jette une oreille.
Disons-le d'entrée : il ne s'agit clairement pas d'un chef-d'œuvre (bien que je n'ai pas particulièrement aimé, j'ai été davantage séduit par Lofofora, groupe que je trouve plus audacieux et créatif), mais certainement pas d'une immonde bouse non plus. La musique est un mélange des groupes les plus en vues à l'époque : basse puissante et rythmique très hip-hop comme Korn ou Limp Bizkit et grosse guitare incisive couplée à des samples comme Slipknot. Le chant, fait penser à un Fred Durst francophone, tant dans les gimmicks que dans les paroles, pas toujours très bien écrites et peu profondes. Or, si le public anglophone fait preuve d'une extrême indulgence en la matière et si le reste du monde s'en fout dès lors que l'anglais n'est pas sa langue, le manque de qualité dans les textes est définitivement pénalisant en français.
Pour peu que l'on fasse abstraction des paroles et qu'on aime le bon gros neo-metal qui tache, l'album s'écoutera avec un certain plaisir, mais force est de constater qu'il ne propose rien de novateur et se contente de reproduire en France ce qui se faisait (et s'essoufflait déjà) en Amérique à l'époque.
Aucune honte, donc, mais je n'ai certainement rien raté étant ado!