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Virage à 2π degrés
Orelsan était l'homme d'un zeitgest; il n'est pas arrivé au sommet uniquement grace à son talent mais surtout car il était l'égérie d'une génération, celle des ienclis blancs vivant dans des coins...
le 7 nov. 2025
Orelsan était l'homme d'un zeitgest; il n'est pas arrivé au sommet uniquement grace à son talent mais surtout car il était l'égérie d'une génération, celle des ienclis blancs vivant dans des coins paumés (pas Paris ni Marseille) et ayant des problématiques légèrement différentes que les rappeur des hoods français. Bref, Orelsan représentait des gens, parlait de leur malaise, de leur frustrations diverses, de leur difficulté de s'intégrer dans une société changeante. Chaque loser pouvait s'identifier à Aurélien, caennais issu de la classe moyenne en rupture de ban qui s'était fait plaquer par sa copine. Orelsan était apprécié non pas pour son flow, non pas pour ses prods, mais bien pare qu'il était un symbole qui a su résonner dans les coeurs et les têtes d'une génération entière.
Depuis 15 ans ont passé. Et Orelsan n'a pas bougé d'un poil. Et il s'est retrouvé dans le même dilemme que bon nombre d'artistes: lorsque l'on a construit son succès sur la description de son quotidien, comment continuer à créer lorsque ledit quotidien a radicalement changé (i.e. comment parler à un public de prolo quand on est pété de thunes)?
La Fuite en Avant, tout comme Civilisation avant lui, prouve qu'Orelsan n'a plus rien à dire. Pendant 50 minutes, Orelsan se critiquera, critiquera son public, ses haters, ses potes et la société (car oui, on vit dans une saucisse, faut le savoir). Et le tout en étant totalement sérieux, premier degré, et surtout sans la moindre trace d'humour. Aurélien est et restera un rageux, sa plume toujours trempée dans le vitriol, mais ui ne s'est pas rendu compte que sa situation matérielle a changé (pour ne pas parler de celle de ses fans de la première heure, qui eux aussi se sont sans doute extirpés de la médiocrité adolescente).
Le problème, c'est qu'en passant de "j'ai trente piges, tout le monde me méprise, j'enchaine les petits boulots et ma copine me trompe" à "les gens font des méchants commentaires", on perd la substance du propos. Aurélien, factuellement t'as gagné, t'as accumulé du fric, des Victoires, tu es considéré comme l'un des piliers du rap français, concrètement qu'est ce que t'en a à foutre de Corleonedu91, 3 abonnés sur Twitter qui t'explique que ta femme est moche? Fin, je comprends que ça ne soit pas agréable, mais c'est tout de même faible en termes de problème existentiel. Orelsan se répète, et on préférera naturellement l'original (Perdu d'Avance et Le Chant des Sirènes) aux copies (Civilisation et La Fuite en Avant).
Bon après il y a des moments plus posés, où Orelsan parle de sa femme et de son enfant à naitre. Trois problèmes: déjà passer derrière Mockingbird ou Hailie's Song c'est compliqué, et ensuite, on est à deux doigts d'entendre Aurélien parler de son labrador, son Scénic et des travaux dans sa baraque et c'est chiant. Et, enfin, le ton est assez peu raccord avec ce qui précède et suit, ce qui a tendance à ruiner la cohérence de l'album.
Pour ce qui est des prods, ça va du bon, au.... meeeh on va dire. Il y a de bonnes idées qui sont suivies par une sorte de vomi auditif. A titre perso, je regretterai particulièrement qu'Orelsan essaie e donner une coloration japonisante à La Fuite en Avant, sans jamais s'appuyer sur la merveilleuse musique produite par l'archipel nippon (mais, pourquoi cette JPOP immonde sur Plus Rien). Frère, si pour toi, le Japon c'est juste DBZ, faut pas essayer de passer pour un pur weeb.
Bref, Orelsan a toujours le seum, mais a perdu tout son sel. C'est dommage, le flow est là, il y a quelques punchlines de qualité, mais elles resteront sans destinataires.
Créée
le 7 nov. 2025
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