BAUME AUX HUILES ESSENTIELLES & SANS PARABÈNE

Savoir s’entourer pour faire prendre la sauce. L’un des atouts dans un groupe c’est, évidemment, la complémentarité. Émulsifier un feeling, à partir de différents profils. Et chez Balm, la recette de départ propose des ingrédients prometteurs. Quatre membres. Deux sortis de formation au conservatoire et deux parfaits autodidactes fonctionnant à l’intuition. Quand l’un s’abreuve de musique classique, le second est plutôt branché Rap US, un autre se gave de Folk et le dernier s’imprègne de rock. Panel intéressant, et qui, dans l’histoire du rock, à plutôt offert des disques remarquables, si ce n’est incontournables. Et quand ils doivent évoquer leurs influences, tout en haut de la liste, les quatre citent en chœur : Radiohead. Sur ExtraVAfrench, à la question, Avec quel artiste passeriez-vous 48h ?, Balm répond :


Pour sûr, Thom Yorke l...]. Si nous pouvions le rencontrer, il nous dévoilerait peut être tous ses secrets, qui sait ?

Alors, on aimerait tous passer ne serait-ce que quelques minutes avec Thom. Mais objectivement, pas certain que le combo parisien ait besoin des conseils de maître Yorke. Lavender, un premier LP, certes un peu court, mais qui possède déjà sa propre marque et qui fonctionne en tant qu’ensemble. Kevin Vergobbi, Martin Commandeur, Pierre Meurisse et Valentin Ramos ont su fusionner leurs approches respectives. Ce n’est pas si souvent, en particulier en france, que l’écoute d’un album de 8 titres, tous plutôt très différents, impose une telle cohérence. Une cohésion. Dans la production comme dans l’esprit. Matthieu Lefèvre, derrière la console, a su saisir l’essence du quatuor et la sublimer délicatement. Et puis, si l’on en redemande au bout des trente-quatre minutes, l’EP Basement Tales (2021) conforte cette homogénéité.

Tantôt funky et entraînant, tantôt contemplatif et planant. Sur base de guitare folk ou de nappes synthétiques. une musique organique, sincère, qui provient du tréfonds de l’artiste et conquiert jusqu’au cœur de l’auditeur, mais qui est, donc, d’une certaine manière, hypnotique. Un transfert émotionnel s’opérant en douceur et dans l’instant. L’impression générale de facilité dans la conception. On pense à Animali ou Phoenix/Air ("Strange Flowers", "Catch Me") autant qu’à Pink Floyd (section finale de "Collapse") ou même… Balavoine ("Prayer of the Sun"). Ou, nous le disions Radiohead ("Until the Last Tree Stands in the Fire"). Et sans jamais sentir le pastiche ou la bête réminiscence. Réducteur de les résumer à leurs seules influences tant ils les malaxent et s'en extirpent. Possible qu’un jour futur, nous découvrions un groupe qui nous fera instantanément penser à Balm ! C‘est tout ce que l’on peut leur souhaiter.

Lavender est presque un voyage immersif finalement. Un voyage qu’ils nous décrivent et auquel, simultanément, ils nous invitent. Pas banal d’ailleurs de se lancer en portugais ("Parabéns"), tant l’usage de la langue que l’arrangement qu’ils proposent. Une métrique très brésilienne, sur fond de cordes en nylon. Un titre qu’ils revisiteront en 2024, en duo avec Lonny pour le single "Dans les Yeux d’E".

Et puis la voix singulière (et solaire) de Valentin. Sans extravagance, mais juste, en accord parfait avec l’instrumentation. Et qui habite ses textes jusque sur scène. D’ailleurs ce n’est peut-être pas tant la voix que l’interprétation qui fait la singularité.


Comme pour les écoliers ou les collégiens, il y aura une génération Covid dans l’Art. Des artistes et projets arrivés à maturité pile quand tout s’arrêtait. Pensez. Le premier EP de Balm, She, paraît en décembre 2020. Le second six mois plus tard. La poisse ! Pas évident de percer, en particulier de nos jours, à l’heure où toute scène était proscrite et les médias fonctionnaient en vase clôt. Balm a persévéré. Et Lavender n’a sans doute pas encore fait complètement sa révolution. Gageons que la suite - deux singles ont vu le jour au printemps 2026 et ils semble que la magie opère toujours – remettra un coup de projecteur sur un premier opus, atteint, déjà, d’une grâce certaine. Il est des disques, en dehors du circuit mainstream, qui redonnent foi en l’avenir. Et font, simplement... du bien.

NeWan
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 14 juin 2026

Critique lue 14 fois

W.O.W.A

W.O.W.A

6

NeWan

le 10 juin 2026

Suivre

BACK TO THE FUTURE IV.

Je ré-écoutais Mirror Mirror et me demandais si nos bruxellois avaient fait suite à leur 3è opus. On annonçait un nouvel album imminent, dont la sortie avait été déjà repoussée. Nous sommes alors, à...

Look for Your Mind!

Look for Your Mind!

6

NeWan

le 7 juin 2026

Suivre

Loop For A Time

Quand est paru Do Hollywood, en 2016, les frères D’Addario n’étaient que deux gamins sortant à peine de l’adolescence. Insolents et (pas si) innocents, ces deux-là, tapaient pourtant, artistiquement,...

Forever Live Sessions Vol 2 (Live)

Forever Live Sessions Vol 2 (Live)

6

NeWan

le 17 juil. 2026

Suivre
Dernière modification

le 17 juil. 2026

Et ça Continue, En Corps Et En Cœur

C'est un peu cliché mais, on imagine ce trio Québécois, nous accompagner lors d'un trajet voiture en bord de mer, au soleil rougeoyant de la fin de journée, toutes fenêtres ouvertes et volume...