J’adore King Crimson mais cet album n’est pas le plus évident avec lequel découvrir le groupe. C’est un album de transition sorti en 1970, après un 1er dévastateur et fondateur « In the court of the Crimson King » et le « Larks' Tongues in Aspic » de 1973 qui les verra aller dans d’autres directions, plus métalliques, plus dures (l’immense « Red » en 1974). Le groupe de départ a été profondément bouleversé après le 1er album et Robert Fripp reconduit donc l’équipe de «In the Wake of Poseidon » sorti quelques mois plus tôt : Gordon Haskell, Mel Collins, puis Keith Tippet, pianiste. Fripp complète cette formation éphémère avec le batteur Andy McCullogh. Le groupe cherche (et se cherche) et on ne peut pas l’accuser de faire du sur-place. Il nous offre un menu classico-jazz, loin des stridences électriques qui vont suivre, la guitariste de Fripp se faisant très discrète, au profit du mellotron, piano, cuivres. Parfois très classique (« Bolero ») parfois plus proche du jazz rock, un disque original, sans doute à part dans la discographie « crimsonienne ». Les séances seront malheureusement très tendues et cette incarnation dissoute par Fripp, se retrouvant à nouveau seul maître à bord. Un album intéressant mais dans lequel je ne rentre pas à 100 % (alors que « Red » me fiche une claque à chaque fois que je l’écoute). Je préfère « In the wake of Poseidon ».