Cet album sorti en 1990 est le 1er de cinq gars d’Halifax, « charmante » bourgade du West Yorkshire dont les inspirations sont à chercher du côté de Balck Sabbath, Celtic Frost ou encore Morbid Angel. Oui, ce « Lost Paradise » est bien un des précurseurs du death doom metal (du metal très fort et très lent si on schématise rapidement mais avec parfois des accélérations et ruptures de rythme) mais il manque encore d’originalité, d’une certaine ampleur, comme si tout ça avait encore du mal à décoller et à nous séduire complétement. Il y a bien ici et là des chœurs mais ils ont du mal à nous emmener avec eux (« Paradise Lost »). Nick Holmes va abandonner petit à petit ce ton caverneux impersonnel et hurlant (« Rotting Misery »), à qui on a envie de donner des pastilles pour la gorge pour le soulager (« Our Saviour »…), pour amener plus de variété et de sensibilité dans son interprétation. Les guitares de Gregor Mackintosh et Aaron Aedy trouveront bientôt la voie de l’inspiration. Il faut prendre cet album pour ce qu’il est, un 1er essai presque comme un brouillon, plutôt intéressant car on sent bien que le talent est là mais à travailler. Un album joué par des jeunes musiciens qui connaissent leurs classiques mais vont réussir à s’en détacher. Rappelons juste que Holmes n’avait que 19 ans au moment de cet album, Mackintosh 20 ans et Aedy 21…Un album qui leur met leur pied à l’étrier et qui entrouvre une porte qu’ils vont franchir avec des albums somptueux dans les années 90 et 2000.