Eh oui, ça ne pouvait pas durer indéfiniment. On aimerait bien sûr, mais c’est impossible : l’incroyable série de très bons voire grands albums signés par Iron Maiden durant toutes les années 80, s’arrête en 1990 avec ce « No Prayer for the dying ». Adrian Smith est parti, lassé des tensions fréquentes avec Steve Harris qui veut reprendre en main « son » groupe. Et c’était pourtant le guitariste qui avait apporté un nouveau souffle depuis quelques albums. Voilà donc le groupe « revenant à ses racines » selon Harris avec un album plus direct, plus brut comme l’envie de renouer avec le son plus rugueux et punk de « Killers ». Une gageure évidemment. Dickinson se fait bien plus hurleur que jamais. Mais Di’Anno était bien plus à l’aise que lui dans ce registre malheureusement. Et les tensions entre le chanteur et le maître d’œuvre de la Maison, Steve Harris, montent elles aussi d’un cran. Jusqu’à se demander si Dickinson n’avait pas déjà commencé à penser depuis un moment à partir vers de nouvelles aventures…Le résultat n’est pas raté mais un album très (trop) inégal avec une moitié de titres pas mauvais et qui dépotent pas mal à commencer par « Tailgunner » : un tel début laissait augurer d’un album qui se tenait, ça n’était cependant le cas («Fear of the dark » me fera le même effet de soufflé qui retombe immanquablement après avoir bien commencé, deux ans plus tard).

On peut retenir aussi «Bring Your Daughter ... To The Slaughter » signé Dickinson et qui fait toujours son petit effet en concert. Le reste ??? Eh bien, ça manque de jus, d’idées, c’est plat quoi et sans manquer de respect à ce groupe que j’adore. Franchement, « Public Enema Number One », « Fates Warning », « The Assassin » ou encore «Hooks In You » (seul titre co-signé par Smith) vous entrent par une oreille pour ressortir par l’autre. « Mother Russia » qui clôt l’album est un instantané de la situation mondiale au moment où la Guerre froide était en train de se terminer par l’implosion de l’URSS. Musicalement, on peut par contre l’oublier. On est loin des albums brillants des années 80…On a l’impression d’un groupe en manque de créativité, déboussolé par le départ d’un membre important (et que Janick Gers, si sympa soit-il, n’a jamais comblé) et qui se contente d’utiliser une recette éprouvée mais un peu éventée. Rappelons juste qu’en 1990, l’autre géant du heavy metal, Judas Priest, revenait avec un de ses meilleurs albums, l’énorme « Painkiller ». Victoire par K.O. du Priest en ce début des nineties. On sentait enfin dans cette œuvre en demi-teinte (restons poli) que le départ de Dickinson se faisait de plus en plus probable.

JOE-ROBERTS
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le 1 avr. 2026

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