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le 15 janv. 2012
SuivreGrand Huit
Après nous avoir balancé deux albums aux forceps, riffs meurtriers saccagés par des coups de grisous assourdissants, Dream Theater raffûtait sur les rivages durcit d’un métal ombrageux. Du coloriage...
La pochette de cet album de 2005 est encore une fois magnifique. Elle est signée Hugh Syme et pour ce 8e album, le chiffre 8 y est omniprésent, comme les huit boules du pendule de Newton : pour chaque action que l’on fait, il y a une réaction opposée. Allez, avouons qu’il ne commence pas magnifiquement avec «The Root of All Evil », la troisième partie de l'Alcoholics Anonymous Suite de Mike Portnoy, qui est un ensemble de chansons provenant de plusieurs albums de Dream Theater et qui décrivent le programme que doit suivre un membre des alcooliques anonymes. Ensuite on a droit à certains morceaux courts qui pourraient sans problème passer sur les radios FM (et pourquoi pas, après tout ?), «The Answer Lies Within » et « I Walk Beside You » sans que le style Dream Theater ne disparaisse en cours de route, heureusement. Sur « Never Enough », c’est à Muse qu’on pense immédiatement, de la voix de LaBrie qui rappelle celle de Bellamy aux synthés bien en avant et un traitement du son similaire. Pas désagréable mais là, faut-il y voir un hommage à Muse ??? Peut-être bien. Mike Portnoy s’en prend dans les paroles aux fans obtus pour qui le groupe doit toujours en faire plus, jamais totalement satisfaits de ce que les musiciens leur offrent. L’occasion pour Portnoy de piquer un petit coup de colère.
Deux morceaux surnagent largement. Et le 1er est « Panic Attack », là, ça décolle et ce titre est magnifique, puissant dans ses solos comme dans la prestation de LaBrie. Enfin, la pièce de résistance finale nous achève, en 23 mn découpées en 5 parties, avec un début floydien en diable, avec des ambiances éthérées et de la guitare gilmourienne avant d’explorer une variété de styles incroyable : Les deux premières, « Someone Like Him » et « Medicate (Awakening) » sont très calmes et lentes et évoque « Shine on you crazy diamond ». A ce moment, le rythme s'accélère pour laisser place à « Full Circle » dont les paroles sont bourrées de clins d'œil aux classiques du rock (Beatles, Doors, Who…). Par exemple « This is where we came in? » prononcée par Portnoy est une phrase popularisée dans les premières et dernières secondes de l'album « The Wall ». Le Floyd encore et toujours ! Arrive ensuite un break instrumental laissant place à un mini solo de basse puis à des délires à la Zappa. On entend encore dans cette longue pièce des claviers à la Genesis ou à la Yes avant des passages plus heavy. L'avant dernière partie, « Intervals », est la plus sombre du morceau. James LaBrie parle, de plus en plus fort, sa voix se transforme peu à peu, et se met ensuite à crier « Trapped Inside This Octavarium », vraiment impressionnant ! La fin, avec « Razor's Edge », est un peu moins sombre et laisse un plus de place à l'orchestre, nous montrant qu’on peut échapper à ce cercle. Une pièce somptueuse et complexe qui reste une des meilleures du groupe dans ce genre. Au total, un album hétérogène qui souffre d’un début pas inoubliable et qui veut sans doute brasser un peu trop d’influences, de U2 à Pink Floyd, Genesis en passant par Muse voire Linkin Park, mais qui finit superbement. Et après tout, je préfère ça que l’inverse, non ?
Créée
le 1 févr. 2026
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le 15 janv. 2012
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