Si l'album est considéré comme l'un des meilleurs de Beck, je n'ai vraiment pas compris au début pourquoi il jouissait de cette réputation, celui-ci étant quand même bien plus bruitiste que le reste de sa discographie : Sur Hotwax il y a de l'harmonica joué bizarrement, l'intro de Lord Only Knows s'ouvre sur le sample d'un cri, Beck fait exprès de saturer sa voix sur Novacane et ofre un passage bordélique au milieu du morceau. Et à chaque fois que je tombais sur High Rock 5 j'avais tendance à vouloir le sauter parce qu'il est franchement criard.
Je pensais que ça marchait avec le côté étrange mais grunge de la pochette qui met en scène un chien serpillière qui saute par dessus une haie. Une image prise sur le vif, un peu vintage mais décalée.
C'est en me renseignant que j'ai appris l'importance de cet album : c'est l'un des précurseurs de l'utilisation du sample (Beck voulait rendre hommage à son grand père, l'un des précurseur du mouvement fluxux, connu pour ses collages.) Moi qui dernièrement avait critiqué les albums de The Avalanches, Gorillaz, Fatboy Slim, Etienne de Crecy, je venais trouver l'un de leur inspirateur.
Avec le morceau Devil's Haircut, Beck utilise une méthode très utilisé plus tard par les bidouilleurs qui consiste à utiliser un sample qui servira de leitmotiv sur tout le morceau, d'un autre qui sert de ligne de basse et de l'ajout de quelques éléments pioché à droite et à gauche pour décorer, un peu comme les instrus de rap. Certains morceaux vont plus loin dans le collage (Hotwax par exemple.) Du coup, j'ai réécouté l'album en parallèle de la réécoute des morceaux utilisés sur Whosampledit et il y a du bon. (Purée, il a pioché dans du Mort Garson !) J'aime bien faire cela, ça me permet de mieux comprendre comment les morceaux sont construits.
A la réécoute, si j'ai du mal avec l'album en lui même, j'aime bien certains de ses morceaux, comme Devil's Haircut, qui est, je trouve comme une très bonne entrée à l'album. The New Pollution est intéressant dans sa proposition un peu parodique. Where It's At est un classique de Beck (le seul morceau que j'avais reconnu de l'album.) J'aime bien aussi SissyNeck avec ses airs de country en arrière plan.
Si ça a alimenté ma culture pop, je ne pense pas que je réécouterais cet album.