On Through the Night, en voilà un album bien intéressant qui en laisse plusieurs mitigés ! Mais justement, pourquoi donc ce premier envoi des anglais serait davantage digne d'intérêt que la plupart des premières productions des autres groupes de la New Wave of British Heavy Metal ? Parce que si vous cherchez un album qui réunit le meilleur de ce que ce mouvement avait à offrir musicalement, c’est (entre autres) un des disques qu’il faut sortir des bacs en priorité.
J’ai bien écrit « qui réunit le meilleur » car on retrouve ici des compositions hard rock comme Rock Brigade, Hello America et It Don’t Matter (et cette dernière sonne très rock des années 70). On en retrouve également des plus heavy metal comme Satellite avec son court passage assez atmosphérique à mi-chemin, When the Walls Came Tubling Down qui, elle aussi, commence avec une atmosphère bien à elle puis qui progresse en intensité, et Overture qui contient des ambiances space rock ; trois excellentes compos où plaisamment on entend l’influence Judas Priest. Et parmi tout ceci, on y retrouve des pièces plus agressives et « headbangnantes », comme It Could Be You, Wasted et Rock Off.
J’ai mentionné au paragraphe précédent le Prêtre Judas mais je dois préciser que Joe Elliott comme chanteur joue dans une ligue inférieure au Metal God donc, il ne faut pas avoir trop d’attentes à ce niveau. Par contre, ce qui est vraiment impressionnant est le jeu de batterie de Rick Allen qui n’avait que 16 ans à l’enregistrement de cet opus, ainsi, on se demande jusqu’où aurait bien pu progresser Allen s’il n’avait jamais perdu un bras dans un accident d’auto quelques années plus tard ! Juste pour son jeu, il vaut la peine d’écouter au moins une fois ce disque.
Alors, pourquoi cet album est si intéressant ? Eh bien parce qu’en déposant le stylus dans le sillon vous entendrez un Léopard Sourd au moins autant heavy que hard avec différentes atmosphères et pas encore américanisé (excepté sur Hello America où les gars annoncent clairement leurs intentions pour la prochaine décénnie). Parce que la qualité des compositions dans des styles différents est comparable à celle des compos des premiers albums des Tygers of Pan Tang (d’autres félins évadés du zoo de la NWOBHM), Saxon, Holocaust et surtout Diamond Head. Parce qu’il y a le drumming de Rick Allen et parce que c’est l’album des Leps qui demande une meilleure attention et concentration que le flamboyant Pyromania ou que le mainstream Hysteria. De toute façon, tant qu’à le sortir pour le dépoussiérer, aussi bien l’écouter ?