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le 7 nov. 2012
Suivre"Am I all alone ?"
Parmi les albums n'ayant pas trouvé leur public, One Hot Minute fait figure de maître-étalon. Il faut dire que les circonstances n'étaient clairement pas en sa faveur : successeur de l'acclamé Blood...
Voici après le parfait Blood Sugar Sex Magik (et avant l'imparfait Californication) un album à part dans la discographie des "Spice Boys" d'Hollywood, avec cette fois Dave Navarro comme quatrième larron : un guitariste plus virtuose que John Frusciante, mais aussi moins inspiré dans ses compositions... Mais ne nous spoïlons pas nous-même, et voyons plutôt en détail ce qu'il en est :
Les téléspectateurs de MTV auront retrouvé avec le clip de cette chanson un Kiedis plus Appache et/ou Iggy Pop (eu égard à sa coupe de cheveux) que jamais, évoluant au milieu de ses pairs dans une sorte de "carrousel" désenchanté (un concept qui sera repris -avec un bonheur moindre (en dépit des apparences)- pour Around the World), dont l'esthétique vaguement sado maso semble devoir à l'influence nouvelle du transfuge des Jane's Addiction. Le titre décontenance tout autant sur le plan musical, en mettant de côté aussi bien le funk que le rap, avec son riff de type trash metal.
Changement d'ambiance ici, avec un morceau qui a lui aussi eu les honneurs de la caméra ; renouant par ailleurs avec le funk... Mais pas avec le rap (Kiedis montre d'ailleurs ici des aptitudes pour la soul qu'on lui connaissait peu jusqu'alors). Un morceau pour lequel Flea aura été distingué, en dépit d'un solo de basse très court en fin de comptes... Mais c'est pour "l'ensemble de son oeuvre" de serial slappeur, sans doute !
L'intro déclamée de cette chanson (à propos des quatre cents coups de Flea/Kiedis, des années auparavant), sur un accord unique à la guitare était en partie improvisée lors des concerts du groupe ; tout comme le reste de la performance (qui ne s'en portait pas plus mal, d'ailleurs -au contraire-). La suite consiste en un funk particulièrement énergique ; "con moto", comme on dit en musique classique.
Aussi troisième court métrage musical de l'album, voici enfin une ballade, avec un côté presque country (folk en tous cas, le motif d'accompagnement de la guitare évoquant celui de Sweet Home Alabama) ; mais qui n'aura pas fait d'ombre à Under the Bridge, malgré un très joli pont...
Une tentative de fusion entre le funk de la basse et le metal de la guitare qui n'est pas entièrement convaincante, selon moi. Question de dosage, sans doute ; comme pour la teneur en cannabis d'un space cake...
Le seul (hélas !) titre de One Hot Minute qui est encore joué en concert par les "Hot Four", n'ayant pas besoin de guitare... Quoiqu'il gagnerait à recevoir un traitement grunge à mon avis. Peut-être que l'IA l'arrangera un de ces jours... L'espoir fait vivre !
On n'avait plus entendu de choeur masculin chantant des onomatopées (pourtant une de leurs marques de fabrique) dans un album des Red Hot depuis Mother's Milk si je ne m'abuse ; dans "Taste the Pain" par exemple !
On rêverait d'une campagne du Ministère de la Santé utilisant ce titre pour vanter les bienfaits de la marche à pied, au lieu de faire gratuitement de la pub aux milliardaires de Big Pharma... Il faut dire que pour un guitariste qui prétend ne pas avoir d'affinité avec le funk, Navarro le joue plutôt bien !
Une chanson qui rend hommage à Kurt Cobain, avec notamment des octaves dans le solo ; un procédé favori de Navarro, qu'utilisait aussi Wes Montgomery en son temps, mais dans un style bien différent du sien !
Le titre qui donna son nom à l'album, allez savoir pourquoi ! Non pas qu'il soit mauvais...
Le mélange de basse en wah-wah et de talk box (a priori) sur la guitare est accrocheur cette fois, tout comme le solo de guitare qui semble être joué à l'archet (à moins qu'il existe une pédale -la Whammy ?- pour obtenir cet effet), comme faisait parfois Jimmy Page..?
Kiedis expose ici comment il conçoit la religion : en gardant ce qui lui plaît, au détriment du reste... Donc à la carte, comme au resto !
Joli pont, là encore. J'imagine par ailleurs que l'ordre des chansons d'un album (ou d'un concert) n'est jamais complètement laissé au hasard : l'entrée en matière doit être énergique, tandis qu'il doit finir sur une note apaisante ; comme c'est le cas ici...
Prendre son pied ou se tirer une balle dedans ? C'était un peu le défi posé par cet opuscule, à la production élaborée (jusque dans son booklet, illustré comme un livre de contes pour enfants), mais qui s'avère être hétérogène (et donc un brin indigeste), à force de vouloir concilier les contraire, avec des contrastes entre des passages très calmes (où on s'ennuie un peu) et d'autres qui le sont beaucoup moins, mais où la lourdeur des idées musicales (avec des accords majeurs parallèles, bons pour le remplissage mais dont il ne faut pas abuser) peut être assommante... A écouter en live : Gangway 1996, par exemple, pour en apprécier toute la saveur.
Créée
le 4 juil. 2024
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