Reggatta de Blanc, où quand Police rétabli un peu d'ordre dans le courant punk, fait partie de mes albums références, ceux qui ont façonné ma culture musicale et je dois bien avouer que je ne m'en lasse pas malgré un immense nombre d'écoute !
D'ailleurs, il n'y a plus du tout de punk, et c'est tant mieux vu comment ils savent s'approprier d'autres genres, mais ils en gardent tout de même l’énergie qui faisait déjà la réussite d'Outlandos d'Amour. C'est aussi moins pop que ce qui va suivre, ils ont trouvé ici la bonne alchimie, que ce soit dans le reggae de blanc mais surtout de superbes mélodies dont les influences s'étendent au rock bien évidemment mais aussi au jazz ou la world music.
Les deux faces du vinyle s’ouvrent sur les deux hits de l’album, la première avec Message in a Bottle dont l'introduction inoubliable ne lasse pas, et ouvre parfaitement les accords parfaitement associés à la voix unique de Sting et la seconde avec le génial reggae-rock Walking on the Moon. Morceau phare de Police, symbole de l'alchimie qui régnait alors dans le groupe, l’association parfaite entre la basse de Sting et la guitare d’Andy Summers, qui se répondent. Deux titres monumentaux, symbole de la parfaite association entre ces trois musiciens, avec toujours Stewart Copeland pour frapper sa batterie comme personne.
Tous les titres sont au moins co-signés par Sting, à l’exception du rock On Any Other Day, Contact et du jazzy Does Everyone Stare, signés par le seul Stewart Copeland, chantant même sur la seconde citée. Comme l'ensemble des chansons composant l'album, elles sont réussies, avec des sonorités distinctes, mais dont l'ensemble forme un album cohérent et alchimique. On trouve d'ailleurs tout ce qui fait la grandeur de Police ici à l'image des rapides et énergétiques It’s Alright for You et No Time This Time, permettant à Copeland de nous gratifier d’une superbe intro de batterie.
Ils trouvent le bon mélange entre des chansons efficaces, mélodiques ou expérimentales. Dans cette dernière case, il y a la géniale chanson Reggatta de Blanc, instrumentale et envoûtante ou la mélodique Bring on the Night où le groupe mélange ses influences. Même les compositions moins mémorables sont marquantes et de qualités, à l'image de Deathwish ou The Bed’s Too Big Without You, symbole d'un groupe à son sommet créatif.
Police quitte définitivement sa période punk tout en gardant son énergie caractéristique, s'ouvre encore plus au monde du rock, de la world ou du reggae, et se trouve avec Reggatta de Blanc à son sommet en terme de créativité et efficacité, proposant un album où règne l'alchimie, la mélodie, l'ambiance et le talent.