Cet album de Lazuli est sorti en 2018, un groupe de rock progressif français ignoré dans son propre pays mais connaissant un gros succès en dehors de nos frontières. C’est toujours du très beau boulot même si ça n’est pas mon album préféré. Un album peut-être moins rock et rentre dedans que d’autres dans leur production, avec de beaux moments piano/voix (« J'Attends un Printemps ») ou faisant la part belle à la guitare acoustique (introduction de « Mes Amis Mes Frères ») et bien sûr cette fameuse Léode qu’on ne rencontre que dans ce groupe, leur marque de fabrique. Lazuli est encore capable d’insuffler à son album des morceaux plus nerveux (« Mes Semblables ») et puis, les textes poétiques de Dominique Léonetti (en français, s’il vous plaît !) sont toujours marqués par des thèmes comme l’environnement (« Un Linceul de Brume », « Les Côtes ») ou dénonçant la maltraitance animale à travers les abandons de chiens dans « Chronique canine » : «Sur la route des vacances, je suis comme/ Dans un jeu de quilles au mois d’aout/ Je serai le meilleur ami de l’homme/ Jusqu’à la prochaine aire d’autoroute ». C’est l’occasion aussi de piquer un coup de gueule contre une humanité à la dérive dans « Mes Semblables » : « Et quand les images deviennent imbuvables/ Je ne me reconnais pas dans mes semblables/ Et dans cet enfer de tous les diables/ Je ne me reconnais pas dans mes semblables ». Alors c’est vrai, cet album est dans la droite ligne de ceux qui l’ont précédé et pourra faire (un peu) tiquer ceux et celles qui attendaient des surprises. Lazuli maîtrise son sujet et le maîtrise parfaitement. Grand coup de chapeau à un groupe sincère et généreux qui a démontré que l’idée que la langue française était un obstacle insurmontable pour faire une carrière internationale n’était qu’une simple fumisterie ! 😁