Il y a des albums qui te prennent par la main et t’emmènent quelque part sans trop poser de questions. Smalhans, sorti en 2012 par le producteur norvégien Lindstrøm, fait clairement partie de ceux-là. C’est un disque court, intense, presque sans pause, mais toujours élégant dans sa manière d’allier groove rétro et textures modernes. Et franchement, même si tout ne m’a pas complètement embarqué, j’ai passé un très bon moment.
Dès les premiers titres, on plonge dans un bain de synthés joyeusement 80’s, relevés par une production précise et un sens du rythme qui ne faillit jamais. Chaque morceau porte le nom d’un plat traditionnel norvégien (clin d’œil au titre de l’album qui signifie “pénurie” ou “frugalité”), mais c’est tout sauf pauvre musicalement. C’est riche, généreux, parfois même un peu trop, au point de frôler la saturation.
Lindstrøm reste fidèle à ce qu’il sait faire : des morceaux qui avancent sans relâche, portés par des boucles mélodiques entêtantes et une pulsation continue. C’est de l’électro qui fait voyager, mais pas dans un monde dystopique ou froid – plutôt dans une version stellaire et colorée d’un dancefloor scandinave.
Cela dit, tout n’est pas parfait non plus. Si j’ai adoré l’énergie et la cohérence de l’ensemble, j’ai parfois ressenti une petite fatigue en milieu d’album. Certains titres se ressemblent un peu trop, manquent de respiration ou de surprise. Une cassure, un moment suspendu, un changement de ton plus marqué auraient pu donner plus de relief à l’expérience globale.
Mais voilà, malgré cette légère monotonie, Smalhans reste un très bon cru. On sent la maîtrise, le soin apporté à chaque son, la volonté de ne rien laisser au hasard. Lindstrøm construit ses morceaux comme des petits mécanismes bien huilés, où chaque élément trouve sa place. Et quand on aime les sons analogiques bien chauds, les basses rondes et les vibes disco spatiales, difficile de ne pas se laisser embarquer.
En bref ? Un album solide, fun, et plutôt addictif. Pas le chef-d’œuvre du genre, mais clairement une belle pièce dans la discographie de Lindstrøm. Parfait pour accompagner une session de boulot, une balade sous les néons ou juste pour danser seul dans son salon avec un sourire aux lèvres.
Note perso : 7.5/10 — ça groove, ça brille, ça manque juste d’un petit grain de folie pour vraiment marquer les esprits.