The Age of Ephemerality
7.9
The Age of Ephemerality

Album de Bruit (2025)

Bruit, ou l’assourdissant brouhaha de notre siècle qui ne cesse de s’accélérer

Commencer un album avec Ephemeral une montée en puissance dramatique au violon tout de suite interrompu par un glitch, la batterie se lance tout de suite poursuivie par des nappes sonores organique, ce noise ambient hérité du Shoegaze (suffit de les voir jouer sur KEXP pour s’en rendre compte). Dès l’intro Bruit nous fait goûter en son, cette terrible acouphène qu’est notre siècle. On met les pieds dans ce grand bain de bruit et on en redemande tout de suite, j’étais déjà convaincu que je n’allais pas écouter quelque chose de banale.


Puis viens Data avec son motif principal qui se répète, évolue et se réplique en boucle, avec la voix de Zuckerberg (la petite touche cynique) qui nous fait comprendre qu’on assiste à la reproduction, l’échanges de nos données avec une croissance toujours plus rapide symbolisé par ce motif qui se répète inlassablement, ce règne du quantitatif qui ne s’essouffle jamais, cette machine dramatiquement inarrêtable. Il m’en fallait pas plus, j’étais déjà totalement converti a cette secte qu’on appelle Bruit et son église The Age of Ephemerality, mais il fallait continuer et finir cette folie.


On arrive a Progress/Regress en deux parties, le progrès lent et calme puis la chute dramatique de la régression je ne l’ai pas évoqué jusqu’à présent mais on sent évidemment l’influence du rock progressif avec l’éventail d’instruments qu’ils jouent, mais également du post rock notamment God is an Astronaut qui sont eux aussi a Pelagic Records. Cette chute dramatique se vit comme une torture on pourrait presque croire a un hurlement de souffrance.


Technoslavery/Vandalism continue sur cette lancée une montée en tension avec ce motif électronique la première partie la technologie, et plus largement la technique asservi par l’être humain, puis le vandalisme par cette dernière avec une deuxième partie grâce à un jeu anarchique et virtuose et qui se termine sur un fredonnement solennel comme si l’humanité était morte et qu’on lui rend hommage.


Enfin, The intoxication of Power une trompette solennel, puis un échantillon de bruit d’écrou qui se visse, qui se répète nous fait vivre l’aliénation du fordisme, ce besoin d’accélérer la production. Une conclusion merveilleuse en 3 parties qui monte inlassablement en intensité puis se termine sur une citation de George Orwell de 1984 sur l’ivresse du pouvoir.


Plus qu’un album c’est une expérience qu’il faut vivre voir l’interview du groupe a 27min sur KEXP les raisons qui ont motivé le groupe a ne pas publier sur les plateformes de streaming. La philosophie de l’album rejoint celle de penseur comme Jacques Ellul sur la technique, et de Hartmut Rosa sur l’accélération du temps. C’est pourquoi si je peux me permettre de suggerer deux mots ce serait : « Acceleration » et « Technique ». Je vous remercie de m’avoir lu au plaisir d’échanger…

Zertor
10
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le 9 oct. 2025

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Zertor

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