Robert Johnson n'a pas eu une vie bien longue, mort à 27 ans (le 1er du clan). Cet album reprend l'intégralité des enregistrements réalisés entre 1936 et 1937. Puis il est mort un an plus tard.
La vie incroyablement remplie de ce gars force la fascination. Une enfance merdique, une vie adulte qui commence mal, mais soudain, tout s'éclaire à partir de 1931. Une femme qui l'admire et lui fout une paix royale pour se consacrer à la musique, de piètre guitariste, il devient un virtuose, aux dires de Son House (autre mythe du blues) avec qui il a joué.
Dans ma quête de l'histoire du blues (au moins celui dont il reste des enregistrements), il fallait que je passe par lui.
Passé le charme de ces enregistrements opérés dans des conditions techniques qu'on dira "de l'époque", avec le craquement qui s'impose, en dépit de toutes les remasterisations qui ont pu être effectuées, il faut reconnaître que cette piètre qualité casse un peu la qualité d'écoute qu'on peut en sortir.
Un des artistes majeurs du Delta Blues, l'un des premiers styles de blues (guitare + bottleneck et harmonica, grosso modo), Robert Johnson va inspirer pas mal d'artistes majeurs, dans le blues et au-delà (les Stones, Led Zeppelin...). Pour ma part, passé la découverte du style, j'ai fini par me dire que j'allais passer un peu à côté du génie de la chose.
Pas grave : il faut savoir admettre qu'on ne peut être réceptif à tout le génie que l'humanité nous propose.