The Mountain
7
The Mountain

Album de Gorillaz (2026)

Je commencerai avec une citation de mon collègue qui a découvert à son tour l’œuvre après que je lui ai fait part de mon enthousiasme. Il a particulièrement aimé (comme beaucoup) l'introduction « The Mountain » et il en a dit un truc très juste : « Avec tout ce qui se passe dans le monde, la guerre qui revient après les frappes en Iran, sortir un truc comme ça... c'est émouvant. Ils sont perchés, ailleurs avec ce projet... » Effectivement, la sensation de douceur, d'innocence, de joie, de beauté, de paix qui s'en dégage détonne avec l'actualité. Il s'agit déjà sans doute d'un des morceaux de l'année, dans un des projets de l'année. Mais aussi la plus belle ouverture à un album de Gorillaz. On n'est pas dans les bizarreries qui ouvraient « Humanz » et « Demon Days ». Ça ressemble plus à l'ouverture orchestrale de « Plastic Beach », avec un thème plus mémorable ; une ouverture au voyage, à travers leur vision occidentale de l'Inde, des instruments dont j'aime beaucoup la tessiture, les sonorités, et que je vais me faire un plaisir à retrouver sur tout l'album.


Dans le titre suivant « The Moon Cave », une partie rappée très fun m'a fait rappeler que c'est Gorillaz qui m'a ouvert les portes du rap quand j'étais jeunot, dès Clint Eastwood. J'ai eu de ce fait longtemps une vision très Pop du genre. Pour moi le rap, c'est parfait sur les couplets quand t'as un refrain d'enfer. Et Gorillaz sait faire ça. La troisième pièce se fait en compagnie de mes idoles récemment découverts, Sparks, et plus j'écoute ce morceau, plus je l'apprécie (comme la majorité de ce que produisent Sparks d'ailleurs). J'ai lu dans d'autres critiques qu'il y aurait trop de featurings sur The Mountain. Non, ils sont juste mis plus en avant que d'habitude dans la tracklist et judicieusement intégrés à l'univers, contrairement à « Humanz » qui était bien trop rentre-dedans. Félicitations d'ailleurs à Anoushka Shankar pour son travail, qui est crédité sur plus d'un tiers de l'album ; c'est à elle aussi qu'on doit son atmosphère unique. Et la voix de 2D qui conduit le projet, de Damon qui retrouve ici sa liberté créative, par le deuil, par la spiritualité indienne.


Je ne vais pas faire de piste par piste (même si ça le mériterait). Je remarque seulement que ça faisait longtemps que je n'avais pas continué l'écoute d'un album de Gorillaz sans me lasser, sans m'arrêter en cours. Il y a des morceaux sur lesquels je me questionne encore : Est-ce que le gimmick d' « Orange County » est aussi insupportable qu'il va me suivre toute l'année ? Est-ce que l'effet d'auto-tune sur « Empty Dream Machine » fonctionne ou casse cette belle instru ? Est-ce que j'aurais souvent envie d'écouter les sept minutes entières de « The Manifesto » ? « Delirium » est-il vraiment le refrain le plus délirant de Gorillaz et était-ce judicieux de faire revenir Mark E.Smith pour ça ? Si je devais trouver quelque chose à redire, c'est que « The Mountain » est parfois difficilement lisible sur ses mélodies, tellement il se passe de choses autour dans le mixage. Ça peut paraître dense, trop dense. A tel point que je ne suis pas convaincu par les deux dernières pistes ; où l'on fait revenir le thème de l'ouverture sans obtenir le feu d'artifice attendu, remplacé par une procession funéraire.


Je vais peut-être me laisser apprivoiser le projet avec le temps. J'en ai envie car ça faisait bien depuis le très maladroit (et première déception) « Humanz » qu'il n y avait pas eu autant d'envie et de cohérence dans un de leur album. « Cracker Island » et « The Now Now » sont déjà oubliés (à part quelques belles pièces dans chacun). « Song Machine » était une collection de feats avec plus et moins de réussites... Je me demande même si « The Mountain » ne va pas remplacer « Plastic Beach » dans mon top 3 avec le temps...

Il m'en fallait pas plus pour apprécier à nouveau une œuvre de Gorillaz. Damon m'a fait mentir quand j'écrivais ici quelques années plus tôt que jamais ils ne retrouveraient le niveau qui m'a fait tombé dans la marmite quand j'étais petit. Nous sommes ici entre le génie qu'on pouvait ressentir sur « Plastic Beach » et son solo « Everyday Robots », plus mélancolique et introspective, sentiments que l'on retrouve sur des titres comme « Casablanca ». Au niveau du clip, on en aura peut-être qu'un seul mais il est de toute beauté, rempli de clins d’œil à un de mes Disney préférés. J'ai découvert et vraiment aimé Gorillaz avec « Demon Days », mais si je les avais découvert avec « The Mountain », j'aurais été tout autant convaincu. Une belle porte d'entrée pour la nouvelle génération.

Strangeman57
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs albums de 2026

Créée

le 8 mars 2026

Critique lue 30 fois

Strangeman57

Écrit par

Critique lue 30 fois

3

D'autres avis sur The Mountain

The Mountain

The Mountain

9

Zoan

75 critiques

Retrouver du sens a sa vie / La renaissance après la mort

Les urgencesIl y a peu, j'étais aux urgences. Oh je n'y suis pas resté longtemps, mais assez pour prendre conscience que le monde peut cesser de tourner assez rapidement. Que l'on est jamais à...

le 18 mars 2026

The Mountain

The Mountain

8

ArthurGaudy

14 critiques

Le retour du grand Gorillaz

Suiveur du groupe qu'on ne présente plus, depuis ses débuts avec le triptyque quasi parfait : l'étonnant et prometteur Gorillaz, l'époustouflant Demon days et la maturité artistique avec Plastic...

le 6 mars 2026

The Mountain

The Mountain

8

Strangeman57

360 critiques

Critique de The Mountain par Strangeman57

Je commencerai avec une citation de mon collègue qui a découvert à son tour l’œuvre après que je lui ai fait part de mon enthousiasme. Il a particulièrement aimé (comme beaucoup)...

le 8 mars 2026

Du même critique

Discovery

Discovery

10

Strangeman57

360 critiques

Critique de Discovery par Strangeman57

J’ai découvert Daft Punk quand j’avais dix ans… Mmh… Non ! J’ai découvert LA MUSIQUE à mes dix ans ! C'était en 2001. J'étais parti en classe de neige. Souvenir assez pénible… je n'arrivais...

le 28 août 2012

New York Melody

New York Melody

7

Strangeman57

360 critiques

Ou comment te vendre une BO...

Au milieu de tout ces block-busters de vacances est sortie ce 30 Juillet (et plutôt bien distribué) "New York Melody", un film qui transcende le genre de la comédie romantique bien plus loin que les...

le 2 août 2014

Nous York

Nous York

2

Strangeman57

360 critiques

Comédie française cherche humour desespérement... à New York.

Je passerais tout commentaire sur le jeu de mot qui sert de titre et sur la bande-annonce qui sont à l'image du film. Au départ, je ne comptais pas aller le voir, mais UGC illimité et matraquage...

le 8 nov. 2012