Les urgences
Il y a peu, j'étais aux urgences. Oh je n'y suis pas resté longtemps, mais assez pour prendre conscience que le monde peut cesser de tourner assez rapidement. Que l'on est jamais à l'abri. Que la mort guette, inflexible, inéluctable, imprévisible, froide. J'étais sous masque, m'aidant a respirer, et, pour faire passer le temps, j'ai écouté cet album, en essayant de me rétablir tant bien que mal. Gorillaz a toujours été un peu ma bouée de secours, ce groupe auquel je me rattache dès que ça va mal. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai autant détesté Cracker Island : j'étais au plus mal et je me suis senti trahi. Mais je suis plutôt une bonne poire, j'ai tendance à pardonner assez facilement. Alors je m'en suis retourné a Gorillaz, pour me rassurer, me détendre après une prise de sang qui s'est un peu mal déroulée.
Gravir la montagne
J'ai gravi la montagne avec Gorillaz (ironique avec un masque à oxygène sur le visage au même moment), me baladant entre des montagnes escarpées, des cavernes, des maisons de directeurs locaux aux gourous, rencontrant des princes et des dieux, bon et mauvais, un petit trip a Damas, en Argentine et aux States, tout en restant en Inde et en Angleterre. Je sais pas si c'était parce que j'étais un peu défoncé par l'oxygène, mais la musique était puissante, m'a permis de voler entre ces différents lieux que je n'ai jamais visités. Des voix, des centaines de voix s'entremêlent, dans une cacophonie jouissive, un mélange bruitiste, sans être désagréable. Un monde peuplé. Un monde vivant. Dans les oreilles d'une personne qui pense qu'elle va y passer. La voix rassurante de Tony Allen pour me rassurer, le thème central de l'album se dessine enfin. La mort.
La chose la plus dure, c'est de dire au revoir a quelqu'un que l'on aime. C'est la chose la plus dur.
C'est la première fois où je me retrouve autant dans des paroles. Le plus dur est de dire au revoir. Mais... C'est un au revoir.
C'est un au-revoir.