This is PiL marque le retour d’un géant du post-punk. Douze ans d'absence, et John Lydon relance la machine avec une rage intacte… sur le papier. Car si l’album clame haut et fort son identité, il peine à raviver la flamme qui faisait de PiL un groupe à part.
La production brute, presque crue, fonctionne plutôt bien sur les premiers morceaux. “This is PiL” et “One Drop” dégagent une vraie tension, un groove nerveux qui accroche. La basse claque, les guitares cisaillent, et Lydon éructe comme à ses grandes heures. Mais rapidement, l’élan s’essouffle.
À mesure que l’album avance, les morceaux s’étirent, se répètent, et finissent par perdre leur impact. “Lollipop Opera” ou “Terra-Gate” illustrent bien ce ventre mou : trop longs, pas assez mordants, comme si le groupe tournait à vide. Lydon, toujours théâtral, semble parfois en roue libre, plus préoccupé par le geste que par le fond.
Ce n’est pas un mauvais disque — loin de là. Il y a de vraies fulgurances, une sincérité palpable, et une envie de rester en dehors des cases. Mais cette ambition reste souvent plus déclarative qu’artistiquement assumée. This is PiL sonne davantage comme un manifeste nostalgique que comme un vrai souffle nouveau.
Avec une note de 6.5/10, je salue l’audace du retour, mais je reste sur ma faim. Le nom est intact, l’attitude aussi, mais l’inspiration manque par endroits. PiL revient… mais pas totalement en force.