We Came As Romans n’a pas mis très longtemps à se hisser vers la cour des grands. Mais y a-t-il mérité sa place pour autant ? Il faut dire qu’au niveau concerts le sextet n’a pas chômé et a su conquérir une large approbation. De ce côté-là, les résultats sont probants. Le live est-il cependant le reflet de la qualité d’un groupe ?
Certaines personnes seraient à même de réponde oui, car on ne voit un groupe vraiment à l’œuvre que sur scène, un album n’étant que le résultat substantiel d’une production en studio, et que ce n’est pas réellement la manière dont on le perçoit réellement.
Le problème est qu’au-delà de la prestation et de l’énergie dégagée se dégagent l’honnêteté et la qualité. On peut notamment constater chez Bring me The Horizon ou Mass Hysteria des prestations live comblant facilement une musique assez bateau au demeurant. We Came As Romans s’est taillé dans la même came, mais avec une surprenant rapidité.


Au niveau des compositions on sort rarement du rythme binaire, ce qui rend l’ensemble assez fluide, mais c’est pour détonner assez souvent avec un chant à deux voix que l’on sent inscrit dans une volonté de définir la ligne mélodique. Cela dans le but de cacher une certaine carence de ce côté-là ? On a en effet bien du mal à cerner les mélodies des morceaux, tout comme la basse se fait très discrète. On a bien souvent l’impression d’assister à un concert à la sono relativement moyenne, considérant ce déséquilibre.
Si sur l’instrumentation cet éponyme s’avère donc fade et parfois insupportable dans le mixage des riffs (Flatline en est un très bon exemple), les effets synthétiques à penchant atmosphériques s’insinuant dans l’ensemble rééquilibrent ces carences, mais jamais vraiment assez. En fait, la conclusion qu’on en retire est que l’on a affaire à du metalcore mélodique de facture propre, mais sans réelle originalité. On détecte ici et là des intonations tire-larme, des séquences émotionnelles ratées, bien qu’inscrites dans l’ambiance générale.


Si donc We Came As Romans est parvenu à se tailler une si solide réputation, ce n’est pas à tort : ils font, somme toute, ce qu’attend le public. Ce cru 2015 s’écoute sans plaisir ni réelle déconvenue, il y a de quoi créer une ambiance en concert, mais c’est à peu près tout.

Aldorus
4
Écrit par

Créée

le 30 mai 2017

Critique lue 87 fois

We Came as Romans

We Came as Romans

6

GuillaumeL666

le 16 déc. 2022

Suivre
Dernière modification

le 16 déc. 2022

We Came as Romans se calme un peu

Dans le cas de ce groupe, je pioche un peu au hasard dans leur discographie pour la découvrir et c'est vrai que We Came as Romans s'inscrit pleinement dans ce mouvement Metalcore où ça fait des gros...

We Came as Romans

We Came as Romans

4

Aldorus

le 30 mai 2017

Suivre

Classic.

We Came As Romans n’a pas mis très longtemps à se hisser vers la cour des grands. Mais y a-t-il mérité sa place pour autant ? Il faut dire qu’au niveau concerts le sextet n’a pas chômé et a su...

Madame Bovary

Madame Bovary

4

Aldorus

le 12 août 2016

Suivre

Emma la femme de mauvaise vie

Non non et non, rien à dire sur un style d’une perfection sans faille (j’aime les pléonasmes) dont on nous a rebattu les oreilles jusqu’à épuisement en classe de Terminale. Rien à dire sur le...

La Conjugaison pour tous

La Conjugaison pour tous

10

Aldorus

le 26 févr. 2018

Suivre

LE PETIT GUIDE DE L'EMMERDEUR.

L’avis de Jean-Kevin, 17 ans, lycéen oisif malgré ses 2/20 de moyenne générale : « ouéééé c de la merd ce bouk1 lé gens arrète pas de nous emmerdé avc koi, jsais meme pa cke c se truc mai chaque foi...

Proanomie

Proanomie

5

Aldorus

le 17 janv. 2018

Suivre

L'indestructible

Et si, dans un genre lui-même terré au fin fond des abysses de la musique, existait encore un sous-genre si obscur que même les fonds marins n’auraient rien à lui envier en termes d’underground...