Pogo le Clown vous invite à une balade malsaine dans les marécages de Lousiane…

Oh, voilà un disque qui attire l’œil avec sa pochette bien gentille de clown souriant ! Oui, OK, il y a bien le nom du groupe qui tranche un peu, Acid Bath, ça ne donne pas très envie de se baigner ! Et puis, tiens, laissez-moi regarder d’un peu plus près…La pochette est signée, « JW Gacy ». Eh oui, il s’agit bien d’une peinture réalisée en prison par John Wayne Gacy alors qu’il attendait son exécution dans le couloir de la mort, reconnu coupable de 33 meurtres. Gacy aimait lors de manifestations publiques se déguiser en Pogo le Clown pour faire marrer les gamins et les voisins et c’est ainsi qu’il s’est représenté…Il a été exécuté en 1994, l’année où cet album est sorti. Là, évidemment, on plaisante moins et on comprend que le groupe louisianais va nous emmener dans des territoires malsains et où la mort, le sexe, la défonce sont omniprésents. Cet album a marqué les années 90 et reste extrêmement puissant et glaçant plus de 30 ans après sa sortie. Le plus incroyable, c’est la violence qui s’en dégage, brutale, directe mais aussi parfois tordue, inattendue.

Acid Bath réussit à varier son metal, du lent et lourd rappelant parfois Black Sabbath à des titres punk hardcore avec des éclairs thrash comme « Toubabo Koomi » (qui signifie « pays des cannibales blancs ») ou encore « God Machine » (qui contient des samples d’« Orange Mécanique » de Kubrick et de « Blue Velvet » de Lynch). Mais le groupe peut aussi ralentir le rythme, allant dans une ambiance folk rock ; il nous emmène dans des territoires constamment inquiétants, glauques, distillant un malaise sourd mais bel et bien là comme dans « Scream of the Butterfly » et « The Bones of Baby Dolls ». Une œuvre brute, unique en son genre et pour cela remarquable, en particulier grâce à la voix de Dax Riggs, impressionnante de maîtrise, capable de passer du chant à la limite de la plainte au hurlement déchirant. Le reste du groupe n’est cependant pas là pour éplucher des oignons ! Dans la grande variété de cet album, un défaut saute quand même aux oreilles : sa durée. 70 mn, malgré la qualité de ce qu’on entend, c’est tout de même trop long. Mais c’est un défaut minime par rapport à la grosse claque qu’il vous envoie en travers de la tronche, comme le final éreintant «Cassie Eats Cockroaches » (charmant titre pour restau étoilé!)…À déconseiller aux âmes sensibles mais un régal pour les personnes qui aiment les sensations fortes !

JOE-ROBERTS
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le 30 avr. 2026

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