Rébétiko nous retrace la vie d’immigrés turques hellénophones victimes de répression en Grèce durant l’entre-deux guerres. Suite à leur exode de leurs terres d’origine l’Anatolie, ils créent un nouveau genre musicale, le Rébétiko. Cette musique mêlant influences orientales et occidentales devient leur exutoire face aux injustices qu’ils subissent. Ses complaintes poignantes célèbrent leur résilience et l'âme des quartiers populaires.
Avec un dessin enlevé, un découpage dynamique et des couleurs ocres, David Prudhomme nous emporte dans les bas-fonds d’Athènes, à travers les petites ruelles du Pirée où trouve refuge la nuit tombée les âmes perdues. Elles chantent l’amour, la mort, la persécution, la pauvreté, l’exil…
Sans même connaître cette musique, vous entendrez ses douces mélopées, vous sentirez l’odeur du haschisch, le goût anisé du ouzo, le son des talons qui battent le rythme, le cri d’amour d’une femme, les pleurs d’une mère, le sang d’un fils assassiné, la chaleur d’un frère qui vous enlace.
Jamais un dessin n’a été aussi mélodieux, aussi proche de ce qu’il raconte. Prudhomme livre un hommage vibrant à ces hommes et femmes d’un autre temps. Un coup de maître. Une lecture qui sera d’autant plus émouvante si vous écoutez en même temps certains morceaux de ces rébètès, les « durs » comme ils se nommaient entre eux, durs et tendres à la fois.