Bien. ça, c'est de la bonne SF, de l'excellente SF.
Cette critique porte sur Aldébaran, mais aussi sur ses séquelles : Bételgeuse, Antarès, etc. Heureusement que l'auteur ne nous a pas fait les étoiles par ordre alphabétique, ç'eût été de mauvais goût.
L'histoire commence petit, pour prendre en envergure au fil des séries au fur et à mesure que l'on découvre cet univers avec un fil rouge que l'on suit à travers les séries. Le groupe d'humains que l'on suit grossit au fil du temps, ce qui fait que cette BD prend une tournure d'histoire chorale, ce qui n'est pas pour déplaire.
L'univers n'est pas manichéen, les individus font parfois des choses injustes, parfois des choses nobles, et ainsi reflètent l'ambiguïté de l'être intelligent ordinaire. Je n'en dis pas plus.
L'auteur développe des valeurs telles que l'humanisme, l'écologie et le féminisme. Des valeurs qui résonnent très fortement dans notre culture française. Je souligne ça car l'auteur est d'origine brésilienne. Ses oeuvres trouvent tout-à-fait leur place dans notre paysage culturel.
à travers les protagonistes on découvre un plus-grand-que-soi, un plus-grand-que-soi vivant, animal, intelligent, et on le découvre sans volonté conquérante, mais par la recherche. Cette démarche reflète l'émerveillement que l'on vit en découvrant de nouveaux pans de notre biodiversité.
Parmi les personnages développés, il y a un personnage central, dont on découvre l'importance progressivement. Ce personnage est un peu idéalisé, le scénario l'aide un peu, mais bon, cette faiblesse scénaristique reste marginale.
L'auteur s'inspire avantageusement de la bizarrerie variée du vivant sur Terre pour modéliser la faune et la flore extra-terrestres. En vrac il s'inspire des migrations des anguilles, des formes étranges des coraux des grandes profondeurs et des éponges, etc.
D'ailleurs, c'est la vision d'un reportage sur ces mêmes coraux qui m'a rappelé à cette bédé et m'a motivé pour en rédiger une critique.
La bédé est un peu niaise, au début, puis cette niaiserie s'estompe. Par exemple, le fait d'appeler les espèces vivantes avec des prénoms humains, genre "grégoire", etc. Aussi, l'histoire est parfois sexiste au détriment des hommes.
Et puis, aussi, il y a pas mal de grosses paires de loches montrées gratuitement.
Mais ces défauts restent anecdotiques face aux qualités authentiques de cette série.
Bref, c'est de l'excellente bédé SF française. Elle trouve tout-à-fait sa place à côté de Valérian et Laureline. Je conseille de lire.