J'aime beaucoup l'idée de situer une histoire de Batman (ou plutôt du Bat-Man) à l'époque de sa création, la fin des années trente et son contexte extrêmement anxiogène qui a permis le succès des super-héros.
Mon sentiment, à propos de ce Bat-Man: First Knight est contrasté. Le côté crasseux de Gotham version polar pulp est très bien rendu, même si je ne suis personnellement pas complètement emballé par le dessin. Malgré un style photographique, on peine en effet à reconnaître les personnages d'une case à l'autre et même les éléments du décors ont des proportions changeantes qui ne sont pas dues uniquement aux ombres. Mais l'ambiance est là, c'est l'essentiel. Quant au scénario, je le trouve un peu faiblard. C'est bien vu, d'intégrer une histoire de golems en hommage à Bill Finger et Bob Kane et plus globalement aux très nombreux auteurs juifs à qui on doit tant de super-héros, mais l'intrigue est au final un peu simpliste et les personnages secondaires manquent de relief. je pense surtout au Rabbi ou à Julie Madison, la première petite amie historique de Bruce Wayne, qui ont droit à pas mal de pages mais auraient mérité un meilleur traitement. A la décharge du scénariste, ce récit complet ne comprend que trois épisodes.
Une lecture tout de même agréable pour ceux qui aiment une ambiance à la Hammet matinée de fantastique. Mention spéciale au look démoniaque du Bat-Man que j'aime beaucoup.