On pense avoir fait le tour, et pourtant, les histoires de Junji Ito me surprennent encore.
Et j'ai appris une nouvelle peur : la scopophobie, la peur d'être constamment observé. Maintenant que je sais que Junji Ito en a souffert, je comprends mieux sa faculté à dessiner d'intenses regards qui passent de la séduction à l'effroi, en passant par la rage.
Des histoires glauques, des histoires de fantômes, d'obsessions, de malédictions, de morts.
Un chant funèbre gravé sur vinyle, des épouvantails prenant l'apparence des défunts, des sculptures sans tête en quête de têtes, un cirque cauchemardesque, une vengeance écologique surprenante, un hypnotiseur qui choisit mal ses mots, des filles laides qui se métamorphosent en canons de beautés (très fragiles).
Tout le monde y trouvera son frisson, l'incarnation de ses angoisses, dessiné avec un talent immense dans ces pages.