Kraken a pris cher dans les notes, et franchement je trouve ça un peu sévère. Alors oui, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard : des types motivés par le profit défient les lois de la nature, ce qui fait remonter un monstre marin. Histoire de ne pas faire les choses à moitié, la bestiole est infestée de parasites de la taille d'un chihuahua (une sorte de pou géant qui voudrait des câlins à la manière du facehugger d'Alien).
Comme le budget n'était probablement pas celui des Zaméricains, le réalisateur a dû ruser. Plutôt que de tout montrer, il joue avec les éclairages, les ombres et les profondeurs marines. Résultat : certains plans sont absolument magnifiques, voire carrément poétiques. Ça donne au film une identité visuelle qu'il n'aurait peut-être pas eue avec trois camions d'effets spéciaux. Rien que pour ses images sublimes, je vous invite à y jeter un œil. Petit bonus : un parfum de Cthulhu qui devrait parler aux amateurs de Lovecraft.
Les personnages tiennent la route et le suspense pèse assez longtemps, même si, à cause du titre, on a compris bien avant tout le monde ce qui allait finir par sortir de l'eau. Il y a quelques trucs kitsch qui traînent ici et là, notamment dans le registre de l'horreur (hommage à Alien et Jurassic Park??), mais rien d'affolant. Au contraire, ça participe même à son charme et puis ça nous fait visiter quelques coins sympas de la Norvège. L'ensemble est plutôt rassurant : un bon film de monstre qui fait exactement ce qu'on lui demande, avec suffisamment de sérieux pour qu'on ait envie d'y croire.