Mais… c’est Miyazaki. D’accord, c’est pas son nom qu’est inscrit sur la jaquette et le trait n’est pas non plus exactement le même, mais bon sang… vous aurez beau me jeter sous le nez toutes les preuves les plus irréfutables que ce n’est pas l’une de ses œuvres que je vous lis-là ; c’est du Miyazaki. Que ce le soit ou non, c’en est. Disons du Miyazaki par proxy, soyez larges, accordez-moi au moins ce bénéfice du doute quand bien même ni vous ni moi n’y croyons même un instant. Car monsieur Miyazaki – le « monsieur » est de rigueur sinon le « seigneur » car la déférence s’impose face au travail commis par ses soins – ne s’illustre pas tant par un dessin qu’un style tout entier. Le sens de la fantaisie, la construction inhérente à cette dernière, l’écriture de ses personnages, c’est ça qui fait sa marque, celle d’où génère une atmosphère. Et c’est la même que je sens ici, à bien y renifler, y’a des embruns marins, quoi que glanés à très haute altitude.


Un paysage technologique arrêté à l’orée du vingtième siècle, très guerre de quatorze dans ce que nous proposent les uniformes – c’est chic – un dirigeable, des dragons dont la conception graphique est souvent, sinon toujours, à vous ravir le cœur et les mirettes par toutes leurs spécificités morphologiques travaillées… c’en est pas, mais bon sans que ça y ressemble. Ça n’y ressemble pas comme un plagiat ou un hommage, mais comme une postérité. C’est pas un clone qui écrit et dessine ce qu’on se plaît ici à lire, c’est un héritier qui s’accomplit. Et un qui s’efforce allègrement d’être digne de qui il s’inspire ici non pour emprunter, mais afin de poursuivre les œuvres.


Les dessins ont pour eux cette pureté à la fois simple et pourtant si explicites dans ce qu’ils expriment. Rien de tapageur – aucunement – rien que des esquisses d’une pudeur éthérée qui ne sombre cependant jamais dans les afféteries. En ce sens, et parce que le registre fantastique y prédispose à demi, la manière dont sont orchestrés les dessins, les desseins vers lesquels on les attribue, rappelle la patte graphique de Ryoko Kui, avec un dessin différent quoi qu’analogue dans ce qu’il véhicule. Et Dieu sait que c’est un compliment que je rédige alors que je relève cet état de fait.


La construction de l’univers, parce qu’elle est rédigée de la main d’un passionné, prend le temps de s’approfondir pour qu’on puisse sans cesse l’exploiter davantage à force d’y frayer plus loin. Ce monde qui nous vient, il ne nous apparaît pas qu’en surface, point d’Übel Blatt ici où les dirigeables ne sont guère là que pour la galerie.


À y revenir, car on ne saurait faire l’impasse sur ce sujet en particulier, la proximité avec Ryoko Kui va au-delà de ce que rapporte le trait. Y’a aussi la bouffe. Joliment rapportée de surcroît, pas dans un déballage obscène de dessins qui ne font parvenir à nous que des images dépourvues d’odeurs et de saveurs. On vit le gueuleton et la cuisine comme on expérimente dans ce manga chaque instant de vie en commun pour ce que ces moments ont de crédibles et d’authentiques.


Peut-être les personnages sont ils étriqués quant à ce qu’ils ont à exhaler de caractère. Rien qui ne soit franchement dommageable, ceux-ci sont écrits ce qu’il faut pour se démarquer chacun sans céder aux poncifs, mais ils ne sont écrits que « ce qu’il faut ». On trouvera rarement chez eux une profondeur insoupçonnée ou un développement de personnalité venu les affermir conséquemment, ils resteront les invariables protagonistes un brin gentillet des aventures qui nous concernent. Peu trouveront à y redire – moi le premier – tant ils s’installent bien dans l’œuvre qui nous concerne, néanmoins la critique se devait de rapporter qu’ils étaient partiellement limités dans leurs attributions. D’autant que Mika a ce travers d’être initialementt trop parfait et démesurément mis en avant relativement au reste de ses camarades. Tout protagoniste principal se trouve-t-il être, on l’eut aimé membre de l’équipe plutôt qu’être cette tête de proue intrépide que rien ne saurait ébranler, ce qui sera corrigé bien assez tôt. La narration, scrupuleuse, saura en effet tempérer ses venues pour le tenir assez effacé de la trame de sorte à ce que tout l’équipage puisse jouir d’une exposition bienvenue. Sans compter un développement ultérieur qui permettra de singulariser les personnages secondaires qui, pour chacun d’entre eux, brilleront d’une aura qui leur sera propre et d’un caractère unique qu’on n’aurait trop osé leur soupçonner.

Tout bien considéré, avec ce qu’il faut de recul pour mieux l’apprécier, l’écriture et la gestion des personnages est finalement irréprochable. Ça prend deux ou trois volumes à nous persuader de son caractère immaculé, mais la séduction trouve finalement ses accès sur nous jusqu’à ce que nous soyons comblés. Bon sang… j’apprécie même les personnages féminins. Il en faut dans la plume pour réussir ce tour de force. Ou alors, il suffit simplement d’être un écrivain intègre et travailleur. Ça joue aussi. Ça joue beaucoup, et même qu’ici, ça paye.


Taku Kuwabara n’aura rien laissé au hasard dès lors qu'il souhaita crédibiliser au mieux du meilleur la thématique de son œuvre, à savoir la chasse aux dragons. Plutôt que de s’en tenir au postulat de se risquer à y déroger pour se commettre dans des scénarios annexes aussitôt, il aura pris le soin de détailler pesamment le moindre aspect de ce corps de métier qu’il fondait de toute pièce, travaillant sur le matériel usité, les différents corps de métier autant que le travail collaboratif nécessaire au bon déroulé d’une chasse. Qui plus est, l’originalité des multiples design en branle pour fonder chaque aspect de ce monde – souvent relégué au seul Quin Zaza qui est déjà un univers en soi – ne contribue que mieux à nous immerger dans un monde à part auquel on se plaît à appartenir le temps de notre lecture.


Toute aérienne soit la bagatelle, il y a une dimension éminemment nautique dans l’affaire qui nous concerne. Les portes étanches, le pont, le fond de cale ; le dirigeable est un vaisseau après tout. En outre, la chasse au dragon, dans ce qu’elle suppose de procédés, a tout d’une émulation de la chasse aux baleines dont les Japonais… je crois, ont su se rendre experts par-delà ce que la raison et les lois internationales prescrivent.


Cet homme-là a tant de mérites dans sa besace de documentation en tête qu’il se paiera le luxe insigne de tenir la dragée haute à Bride Stories en matière de travail de la broderie. Avec brio, j’insiste sur ce point particulier. C’est vraiment un monde complet qu’il nous propose, ne souffrant d’aucune omission dans ce qui le constitue pour le rendre véritable.


Il y a, dans tout, un côté bon enfant qui ne cède cependant jamais à la mignardise. Au sens où on l’entend dans les œuvres de Miyazaki où le beau et le bon qui y advient ne saurait être arrêté au rang piteux de « mignon » ou de doucereux. L’œuvre transpire la bienveillance sans que celle-ci ne soit naïve ou béate. L’adversité est bien là, la mort rôde, mais la vie vit d’une belle ardeur d’ici à ce qu’un dragon trop remuant ou un pirate de l’air audacieux ne se risque à faucher ces instants rendus précieux de ce qu’ils ont d’éphémères.


Le vivier de personnages secondaires – en plus des principaux – anime et assaisonne encore mieux la composition qui nous vient. Un lecteur imprégné de l’œuvre se plaît à les fréquenter case après case, tous autant qu’ils sont. Je devine l’auteur très habile et malin alors que la pléthore de protagonistes récurrents, à savoir l’équipage du Quin Zaza, offre suffisamment de variété de caractère pour que chacun puisse y trouver le personnage auquel il est le plus susceptible de se référer. Pas mal d’entre eux, quoi que tous en vérité, auront même droit à un développement bienvenu, l’auteur prenant alors le temps de nous révéler afin de ne montrer son trésor qu’avec une saine parcimonie. Le charme s’opère alors sans forcer sur nous dès lors où pas un seul ne nous sera antipathique.

Qu’est-ce qu’on se fait plaisir à vivre à bord ; car à bien lire Drifting Dragons et à se familiariser avec ses personnages, on cesse d’en devenir le lecteur pour se surprendre à être devenu membre d’équipage malgré soi. C’est dire si ça sait vous transporter ce genre d’affaires.


J’ai vu qu’il y avait eu une adaptation animée…

Y’a de ces projets qu’il est prudent de garder enterrés jusqu’auprès du noyau terrestre quand on les perpètre à moitié. Voilà qu’on offre à un lectorat un concentré de Miyazaki et tout ce que les animateurs ont trouvé à faire, c’est s’abandonner à des modèles en 3D d’exécrable facture. Donnez-leur un diamant à ces gens-là, et ils en feront du charbon. Qui se sera déplu à découvrir l’anime devrait, je crois, faire l’effort de lire le matériau original pour mieux ainsi découvrir que les deux sont aussi semblables que peuvent l’être le jour et la nuit.


Entre la bouffe, la documentation, et l’apparition même d’une chasseuse Matagi, malaisé consiste l’exercice à ne pas faire de jonction entre Golden Kamuy et Drifting Dragons. Preuve s’il en fallait une autre, que le manga est frappé de la marque d’une qualité aussi grandiose qu’elle est incontestable. Qui s’y éprouvera ne pourra en effet que témoigner en ce sens.


Incroyable manga d’aventure que celui où la plus grande menace n’est pas un monstre géant venu du ciel, mais la perspective du chômage du fait d’un déséquilibre comptable. Rien n’est laissé à l’expectative ou à la fantaisie  ; l’équipage du Quin Zaza doit composer avec des réalités bassement matérielles et agir en conséquence. La survie comptable précède alors la survie de la chasse.


Au regard des enjeux, de la faune, du contexte, il n’y a pas deux chasses qui soient la même. La variété du récit nous fait voguer loin, très loin, des sentiers battus et du ronron routinier d’œuvres tout juste bonnes à se reposer sur de maigres acquis. Drifting Dragons emploie chaque chapitre qui lui vient à gagner de nouveau les galons qu’on lui accorde, quitte même à rafler plus d’estime encore à chaque illustration de ses bienfaits étalés sur les planches.


C’est tout de même fou, de voir un auteur pousser le perfectionnisme assez loin pour personnaliser les lunettes d’aviateur de chacun des dragonniers en lice. Peu de choses les distinguent les unes des autres, mais ce peu fait tout lorsqu’on sait que Taku Kuwabara s’évertue à prendre le temps de les illustrer chacune différemment.

Et c’est sans compter l’ingéniosité technique alliée à son sens esthétique qui l’ont conduit à élaborer un matériel de chasse et de navigation sans cesse plus authentique et original à mesure qu’on le découvre. Tout, dans ce manga, y est succulent. On pourrait perdre le regard dix heures sur un volume qu’on ne mesurerait pas encore exactement tout le potentiel créatif qui y recèle.


La narration est si bien léchée qu’elle m’aura fait apprécier un Flash-back et même vouloir en savoir plus, l’auteur étant assez habile pour nous mettre l’eau à la bouche pour ne nous livrer son savoir que parcimonieusement afin de nous attiser l’appétit. Cette courte halte entre les deux phases du Flash-back de Mika était franchement bienvenue. L’histoire que fut la sienne et celle de Cujo était plutôt bateau, mais si savamment rapportée qu’on ne pouvait que s’y sentir abonné sans coup férir.


Et tous ces détails sur la navigation, les vents, les nuages, les aléas et autres intempéries, c’est autant d’éléments qui auront fait défaut à un One Piece. Voilà à quoi ressemble une œuvre de fantaisie travaillée et aboutie jusque dans ses plus infimes et infinis détails. Celle ne fera cependant pas des millions de ventes, je le crains. La qualité et la quantité ne s’harmonisent jamais entre elles que difficilement. Il y a d’heureuses exceptions, qui n’en sont que plus exceptionnelles par leur rareté.


De la cuisine à l’ingénierie mécanique en passant naturellement par la chasse entre bien d’autres domaines, il n’y a pas un domaine dans lequel Taku Kuwabaea n’excelle pas. Il y a un travail de recherche, c’est entendu – et bienvenu – mais sa restitution confine au génial tant tout ce qui y est corrélé s’imbrique le plus naturellement du monde dans le récit. Un séjour à la passerelle pour se familiariser avec la navigation, une escale en cuisine pour y découvrir des merveilles culinaires ou une échappée par la salle des machines sont autant de prétextes à se ravir des délices qu’on y trouve répandus à foison. Il suffit de lire le chapitre dédié aux mécanos le temps du tome sept pour s’en persuader. Mais ce ne sont pas les occasions qui manquent de s’ébaudir allègrement de l’investissement de l’auteur dans les aspects les plus techniques de son œuvre.

Un bémol, il en faut pour ne pas être excessivement complaisant bien que tout nous y intime, je m’étonne qu’aucun dragonnier ou quelconque membre d’une aviation ne soit équipé d’un parachute. On sait que la technologie existe du fait que Cujo s’en était servi pour fatiguer une de ses proies. J’imagine que les plongées dans le vide pour harponner du dragon ont moins d’intensité si on les sait orchestrées avec un filet de sécurité.


Même à chercher à me sous-estimer, Drifting Dragons nous époustoufle de sa faculté à renouveler ses intrigues. Il ne nous surprend pas par des éclats tapageurs et de grands effets d’annonce convenus, mais en élaborant méticuleusement le cadre de chaque intrigue nouvelle. Vous aurez beau croire tout avoir assimilé de ce que la navigation aérienne a à vous dévoiler que l’auteur plongera le Quin Zaza au milieu des récifs montagneux. Non, il n’y a pas deux chasses qui soient similaires dans ce qui les motive ou dans leur déroulé. La routine à bord n’est jamais permise ; qui voudrait se lasser de ce qu’il lit n’aurait pas ce luxe tant l’intrigue d’un arc donné est chaque fois travaillée et retravaillée pour offrir un rendu unique et délectable.


Les confrontations qui s’orchestrent sont haletantes sans jamais être aberrantes, on a ainsi le sentiment de vivre la chasse au dragon comme si on fut en mesure d’en conter en ce bas-monde. La fantaisie et l’univers sont si superbement pensés et consolidés que la fiction, pourtant ostensible, tiendrait presque lieu de réalité. La mise en scène – et on en revient à Miyazaki – est propre sans être proprette, précise et méthodique tout en sachant rester brute et véritable. Le tout, naturellement servi sur un dessin admirable de ce qu’il dévoile de détails et d’acuité dans le rendu qui nous parvient. Disons-le, certains planches effleurent voire embrassent ce dont Miura a déjà été capable d’accomplir graphiquement. En de rares occasions il est vrai, mais assez intensément pour que la mâchoire peine à rester fermée.


L’œuvre n’a, je crois, pas un point faible à faire valoir. Voudrais-je la harponner pour m’en faire un trophée de chasse sanguinolent que je ne trouverais pas une seule prise sur sa cuirasse rude et scintillante comme un diamant. Car c’est une gemme de manga qui, en aucun cas, n’usurpe la note que je lui attribue.


L’histoire de Drifting Dragons n’est pas une pérégrination malencontreuse faite de chasse qui s’enchevêtrent. Tout, à bien y regarder, s’inscrit en réalité dans le temps long afin d’élaborer une intrigue globale dont le point d’orgue tournera autour des déboires passés du Quin Zaza. Le récit est ténu et ficelé avec méthode si bien que jamais il ne déborde ou ne dérive, poursuivant son cap par la grâce d’un navigateur doté d’une clairvoyance rare et précieuse.

Et le long du parcours, tout ne sera pas un long fleuve tranquille. Des revers cinglants attendent l’équipage qui, du mieux qu’il peut, se brinquebale en tâchant de rentrer péniblement dans ses frais.


Faut aussi que je vous parle de la romance, ça oui. Comme pour Gloutons et Dragons – tant de points communs entre les deux œuvres – il n’y en a pas. Ou peut-être y en a-t-il. Elles sont induites, non-dites, si subtile qu’on les croit inexistantes ; en tout cas latentes et évanescentes. Voilà, ça, c’est de la romance écrite intelligemment, car rapportée avec raffinement, susurrée du bout des lèvres à peine. On la suppute, on la suspecte, mais jamais elle ne nous apparaît pour ce qu’elle est ou se permet de compromettre le récit pour la seule finalité de s’exhiber impudiquement.

Que de maîtrise dans l’écriture qui nous concerne ; que de brio.


Je dois admettre que Eiichiro Oda eu plus de colonne vertébrale que Kuwabara à la fin de l’arc Arena, semblables en tout point à l’arc Alabasta. Oda a en effet eu le courage de faire rester Vivi pour assumer ses responsabilités pour que le sentiment de déchirement d’une séparation soit plus intense qu’une issue convenue comme celle pour laquelle a ici opté l’auteur quant au sort de Vannie. Disons-le, son discours m’a aussi froidement gelé les valseuses que le théâtre pathétique de Leolio en toute fin de l’arc de l’élection.


Miyazakisme toujours, une thématique écologique se dégage du périple. La triangulation des intérêts entre les défenseurs des dragons, les chasseurs et les abatteurs conduit à quelques réflexions bien senties. Les chasseurs, en tout état de cause, ont intérêt à s’entendre avec le parti de la préservation des espèces dès lors où, si ladite espèce venait à être éradiquée, la chasse s’avérerait dès lors impossible.

Voilà un parti-pris qui nous émancipe des habituels poncifs écolos de l’engeance d’un : « Non mais ça va pas de tuer des animaux  ?! »


Taku Kubawara suinte d'une imagination qu'on jurerait inlassable tant que la preuve du contraire ne nous sera par rapportons. Considérons qu'après des années de parution, les auteurs de quelques œuvres de longue haleine tiennent leur lectorat comme acquis et ne le couvrent plus de nouveautés, à plutôt ruminer avec ce qui s'est déjà érigé auparavant. Nul question de ça en ces pages, l'auteur, scrupuleux et consciencieux, approfondit son contenu à la mesure d'un géologue qui, en poursuivant ses efforts, s'évertuerait à découvrir de nouvelles couches terrestres. Et il est loin le noyau ; de loin cependant, même à vue chronologique, je peux risquer la damnation en vous jurant qu'il sera brillant. Une page après l'autre, on épluche un peu mieux le soleil, plus radieux que jamais à mesure que nous progressons.

On aura si longtemps et loin tutoyé les cieux que c'en est rendu stellaire.


Un dragon, tu croirais que c'en vaudrait un autre, et c'est à une nouvelle galaxie que tu t'essayes en traquant une autre variété. Le découpage de la viande du dragon géant est un exemple illustré – parmi tant d'autres ! – de l'incapacité de l'auteur à nous lasser, et à sans cesse développer davantage ce qu'on devine comme une passion pour avoir si bien peaufiné son œuvre. Et il nous décrit si bien la viande qu'on croirait l'avoir en gueule. Il n'a aucune limité dans l'excellence, et personne ne m'entendra jamais m'en plaindre.


Loin d'être des bêtes bonnes à se présenter dans un viseur, les dragons sont des adversaires retors, stratèges, dont la ressource épuisera votre imagination et vous amènera à vous demander comment la fine équipe du Quin Zaza ait seulement pu y parvenir à bout, sinon à rivaliser d'astuce et d'une bravoure assurée. Car ici le courage n'est pas affaire de déclamations et autres artifices, mais exhibé en démonstration dans des hauts-faits périlleux dont nous ressentons le danger jusque dans notre chair.


Drifting Dragons est une merveille colorée même en noir et blanc, parvenue jusqu'à nous en format imprimé. Entre ces pages, vous entendrez chanter un été sans fin, même à le lire au plus creux du plus rude des hivers. Vous ne serez pas animé d'une gaieté folle à vous en faire le lecteur, mais incarnerez l'explorateur d'un monde enrobé de la Douceur de Vivre, celle qui s'écrit avec les majuscules idoines tant elle est remarquable. Intelligent sans chercher à être malin, pur sans avoir à forcer la candeur, le manga est une de ces gemmes improbables, polie et affinée par la nature elle-même plutôt qu'aux moyens de procédés artificieux. Qui comme moi se sait abonné à la noirceur d'une trame et gourmand de désespoir ne saurait pourtant être mieux ravi par une œuvre d'où s'exhale un sentiment diffus et constant de bonheur avéré. Drifting Dragons est beau sans avoir à se maquiller ou à travailler en ce sens afin de l'être ; et c'est précisément ce qui le rend plus magnifique que nul autre.

Josselin-B
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs mangas

Créée

hier

Critique lue 37 fois

Josselin Bigaut

Écrit par

Critique lue 37 fois

4

D'autres avis sur Drifting Dragons

Drifting Dragons

Drifting Dragons

6

nolhane

554 critiques

Une aventure manquant d'une petite étincelle malgré un univers passionnant

J'ai longuement hésité avant de tester ce manga. D'un côté de très belles et un univers intriguant et de l'autre des visages qui me semblaient un peu trop standardisés pour moi. Après des mois...

le 19 févr. 2022

Drifting Dragons

Drifting Dragons

6

BL0CKYDUDE

8 critiques

bouquin que l’on peut dévorer... ou pas

L’histoire prend place dans un monde steampunk où des chasseurs de dragons parcourent les cieux à bord de dirigeables à la recherche de dragons variés et juteux, car leur chaire si prisée est...

le 10 avr. 2021

Drifting Dragons

Drifting Dragons

1

Broyor

2695 critiques

Critique de Drifting Dragons par Broyor

Ouais alors donc, c’est des dragons qui driftent sur leurs pattes arrière… ils driftent comme des porcs ! et euh… non, qu’est-ce que je raconte, c’est pire que ça… c’est des baleines volantes que...

le 30 déc. 2025

Du même critique

Hunter x Hunter

Hunter x Hunter

10

Josselin-B

545 critiques

Éructations fanatiques

Nous étions le treize avril de l'an de grâce deux-mille-six, j'avais treize ans. Je venais de les avoir à dire vrai ; c'était mon anniversaire. Jamais trop aimé les anniversaires, il faut dire que je...

le 20 juil. 2020

L'Attaque des Titans

L'Attaque des Titans

3

Josselin-B

545 critiques

L'arnaque des gitans

Ça nous a sauté à la gueule un jour de printemps 2013. Il y a sept ans de ça déjà (et même plus puisque les années continuent de s'écouler implacablement). Du bruit, ça en a fait. Plein, même. Je...

le 8 avr. 2020

Dragon Ball

Dragon Ball

8

Josselin-B

545 critiques

Quand la couleuvre indolente fait sa mue

Dans les coulisses de l'Histoire, les grands hommes restent dans l'ombre, voués à l'oubli et l'ingratitude d'une masse qui leur doit tout ou presque. Dragon Ball a fait l'histoire. Cheval de Troyes...

le 7 mai 2020