On a avec ce ‘Freesia’ l’un des mangas les plus barrés qu’on puisse trouver, une sorte de dystopie ou de politique-fiction dans ce Japon en guerre contre les « Forces Chrétiennes » (sic !)… Les prisons sont pleines (air connu…) et les autorités ont promulgué une loi autorisant des agences privées à exercer le droit de vengeance des simples citoyens via leurs employés qualifiés, des « exécuteurs suppléants de vengeance » (re-sic !).
Ainsi, les victimes de crimes et notamment les familles peuvent demander une vengeance sur tel ou tel salopard déjà jugé mais en liberté : l’agence envoit donc ses exécuteurs s’en occuper : la peine de mort par procuration en somme ! Le gars Kano vient d’être embauché par l’une de ces agences et se révèle particulièrement efficace… il est juste complètement taré et singulièrement schizophrène !
Son acolyte est encore plus taré : un psychopathe paranoïaque irrécupérable… la directrice Higuchi quant à elle qui gère l’intendance et la paperasse est une chienne sans coeur d’un cynisme à couper au couteau. La corruption règne de toute façon partout, y compris au sein d’un gouvernement à la ramasse. Bref, tout le monde est plus ou moins taré là-dedans, même les ‘cibles’ des exécutions.
En 12 volumes, on suit ces fusillades exécutoires ici et là, étonnantes et passionnantes, lesquelles peuvent déraper plus ou moins largement (les cibles ont aussi le droit de recruter des ‘protecteurs’ !) mais l’histoire en elle-même n’avance pas des masses et se révèle de temps à autre trop rébarbative à nous présenter longuement les prochaines cibles potentielles alors que le gars Kano continue de parler tout seul à ses amis ou ennemis imaginaires…
On sent bien que l’auteur veut nous montrer la folie qui s’empare de tous les intervenants dans ce drôle de métier, à savoir tous ces bourreaux par procuration mais il divague un peu trop à cet égard, souvent à la limite de l’absurde. La fin est d’ailleurs encore plus absurde que tout le reste…!
Très bizarre tout cela donc… De plus, le dessin s’avère dans l’ensemble fort désagréable et souvent raté, pour ne pas dire assez bâclé ; on a en effet rarement vu un manga aussi mal dessiné ! ça reste bien sûr intéressant (et cruel et sadique) mais un peu trop bordélique…