Gaston, c'est le doux rêveur, le perturbateur perpétuel, le saboteur permantent de travail.
Gaston, c'est la confrontation de la folie douce maladroite avec l'aliénante routine de bureau et ses contraintes (comme celles inhérentes au parquage de bagnole).
Après des débuts timides, Gaston trouve son rythme de croisière pour aller jusqu'à conquérir certains de ses collègues de bureau dans les derniers albums.
D'ailleurs, les derniers albums témoignent aussi de l'entrée en politique de l'écologie.
Franquin et Jidéhem confrontent les idéaux yéyés face à la vie de bureau, avec beaucoup de tendresse pour cet anti-héros. Cette opposition se retrouve jusque dans les degrés de politesse utilisés respectivement : là où Fantasio et Prunelle voussoient tout le monde, même dans leurs pires accès de colère, Gaston tutoie ses collègues.
Le bureau devient le laboratoire personnel de Lagaffe, son lieu de vie. La chimie à laquelle il s'adonne symbolise à la fois les expériences qu'il fait plus généralement, mais aussi son esprit effervescent qui ne cesse de trouver de nouvelles façons de saboter le travail de ses collègues.
Les jeux de mots qui motivent certains gags sont très bien amenés.
Le dessin de Franquin n'a pas vieillit, et ne vieillira jamais. C'est toujours un plaisir de lire cette série de BD et ça le sera toujours.