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SuivreLa Maison du diable
Les fans de Stranger Things, de punk et de l'animé Evangelion auront de quoi racler le pot avec Home Sick Pilots : maison hantée tordue comme un cauchemar d’Escher, fantômes militarisés par le...
Les fans de Stranger Things, de punk et de l'animé Evangelion auront de quoi racler le pot avec Home Sick Pilots : maison hantée tordue comme un cauchemar d’Escher, fantômes militarisés par le gouvernement, détresse adolescente costumé par l'hyberbole kaiju, le comics ne manque ni d’idées ni d’envie d’en découdre.
Peut-être même un peu trop, tant son récit finit par se faire aussi touffu et emmêlé que son infernale baraque. Attention cependant où vous mettez les pieds, et bénissez-vous d’au moins trois signes de croix avant d’ouvrir ses pages, sous peine de vous y retrouver emprisonné.
Au départ, Home Sick Pilots coche pourtant toutes les cases du parfait petit récit horrifique adolescent. Avec sa maison hantée, ses groupes de punk qui se tirent la bourre et une excursion suffisamment téméraire pour aller fouiller là où il aurait mieux fallu ne pas fiche les pieds. Seulement, cette maison n’est pas vraiment du genre qu’on visite en urbex pour alimenter une chaine YouTube sur le déclin. Elle se tord, se déforme, avale ses occupants et transforme peu à peu ses couloirs en véritable terrain de jeu, aussi bien mental que graphique.
Mi-Maison des feuilles, mi-Bates Motel extirpé d’une dimension parallèle, elle prend rapidement place en tant que personnage à part entière jusqu’à devenir le cœur même de l’album. Doubles pages inventives, perspectives tronquées, pages noires sur lesquelles s’impriment les états de conscience de notre jeune héroïne, celle-là même qui se perdra dans ses corridors, Caspar Wijngaard batifole et fait danser les repères de son lecteur.
Et ce n’est là que le début de nos mésaventures en compagnie d’Ami. Sous l’emprise de la Maison, elle prend en charge les âmes égarées, des fantômes attachés à des objets aux quatre coins du pays, tandis qu’en parallèle, une branche gouvernementale décide de militariser ces entités ectoplasmiques pour lutter contre d’autres manifestations surnaturelles.
Voilà comment Home Sick Pilots quitte tranquillement les suburbs américaines pour filer vers les couloirs d’une base secrète dans le Nevada, avant de prendre des airs de Kaiju Eiga.
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