Le premier chapitre de ce second tome est une putain d'allégorie du monde du travail : glauque, intelligente, dégoulinante d'humour noir, et d'une ironie du désespoir absolument jouissive. C'est violent, absurde, brillant. Même si ça fout mal à l'aise, je conseille franchement de s'y plonger.
Et le reste n'est pas plus glorieux. On suit trois vies possibles, comme un mini multivers. Un gars lambda, après avoir demandé 3 boules de glace à Ice Cream Man, se voit offrir trois vies alternatives : deux assez « normales » qui finissent mal et une troisième complètement farfelue et répugnante digne d'un film d'horreur nanard.
On ajoute une histoire de deuil qui vient encore alourdir l'ensemble, comme si ce n'était pas déjà assez sombre.
Et le tome se termine sur un gouffre de désespoir d'une violence symbolique de dingue… Un clown qui se fout une balle dans la tête (pas censé se marrer le clown et transmettre la joie et la bonne humeur ?), et des ambulanciers existentialistes qui errent dans les rues pendant qu'ils se shootent au médocs pour oublier que la vie c'est de la merde.
Bref : ce second tome est encore plus tordu, encore plus malin, et encore plus malsain que le premier. J'adore.